Dans son dernier article intitulé « Panique à Washington : Bagdad et Téhéran forment une alliance militaire », le journal moscovite Pravda se penche sur la confrontation entre l’influence iranienne et celle des États-Unis en Irak.
« Lorsque George W. Bush, républicain comme Donald Trump, donna le coup d’envoi à l’invasion irakienne en mars 2003, il ne s’imaginait pas que 15 ans plus tard, Washington serait mis au défi par le gouvernement de Bagdad qui formerait une alliance militaire avec l’ennemi juré des États-Unis, l’Iran. Mais à l’heure actuelle, une telle chose est en train de voir le jour : Bagdad se transforme en allié militaire de Téhéran, sous les yeux des Américains », a écrit Pravda.
Cependant, le journal russe indique que cela ne sera pas le pire événement pour les États-Unis. La formation d’une alliance anti-américaine composée de l’Iran, de l’Irak, de la Syrie et de la Russie pourrait être le [véritable] cauchemar de Donald Trump, toujours d’après Pravda.
« Le général Rahim Yahya Safavi, Haut-Conseiller du Leader de la Révolution islamique a récemment proposé la mise en place d’une telle alliance régionale. Autrement dit, on propose à Bagdad de devenir le quatrième membre de l’axe géopolitique actuel Moscou/Téhéran/Damas. Ces derniers jours, le vice-ministre iranien de la Défense, le général Qoreishi a déclaré que Téhéran avait proposé à Bagdad son aide militaire dont l’envoi d’armes, d’équipements militaires, de blindés et d’artillerie. Les deux parties se sont également entendues sur la formation des commissions spéciales en vue d’examiner et de ratifier ces propositions et de choisir les armements et les équipements nécessaires », est-il dit dans l’article.
Plus loin dans son article, le journal russe fait allusion au communiqué du Premier ministre irakien, Haïder al-Abadi selon lequel « le gouvernement irakien ne permettra pas que son sol soit utilisé pour attaquer l’Iran ». « Nous ne le permettrons nullement ni à l’OTAN ni à aucun pays d’attaquer l’Iran via le territoire irakien », est écrit dans ce texte.
L’article poursuit ensuite que les généraux américains ne s’imaginaient jamais qu’un jour l’amitié entre les militaires irakiens et iraniens s’approfondisse à ce point. Pour exemple, en octobre 2017, pour la première fois après 38 ans, l’Iran et l’Irak ont tenu des manœuvres militaires conjointes dans une province de l’ouest de l’Iran, à Kermanshah, limitrophe avec la région du Kurdistan irakien.
Les manœuvres ont rassemblé des chars, des drones, des avions de chasse ainsi que des pièces d’artillerie. Le rapprochement irano-irakien faisait suite au référendum au Kurdistan irakien qui a eu lieu le 27 septembre 2017.
En signe de solidarité avec le gouvernement irakien, l’Iran a apporté son soutien entier à l’intégrité territoriale de l’Irak, tout en condamnant la tenue de ce référendum. En outre, Téhéran a même proposé son aide militaire à Bagdad, en cas de crise entre le gouvernement central et les dirigeants du Kurdistan irakien.
Ceci étant dit, le journal russe se pose la question suivante : pourquoi Washington ne réagit-il pas au rapprochement militaire Téhéran/Bagdad ?
« On est témoin d’un vent de panique sur la Maison-Blanche à cause de la politique officielle de Bagdad. Est-ce que George W. Bush avait dépensé un trillion de dollars, de l’argent des contribuables américains pour que le gouvernement de Bagdad forme une alliance avec Téhéran accusé par Donald Trump de « soutien financier du terrorisme » ? En tout état de cause, il est peu probable que les États-Unis puissent tolérer le processus progressif de l’adhésion de Bagdad à l’axe régional de Téhéran. « Il est fort possible que le Pentagone maintienne ses forces militaires en Irak dont le nombre s’élève à des milliers de soldats et d’officiers » répond Pravda.
Reconstruction : l’Iran reste aux côtés de l’Irak
— Press TV Français (@PresstvFr) March 8, 2018
«L’histoire le prouve, l’Iran et l’Irak sont entrecroisés, notamment à travers la culture et le partage d’une même religion qui est l’islam» (Haïdar al-Abadi) https://t.co/dV4P3n8KpQ pic.twitter.com/pSHvxhc2Vu
À la fin de son article, le journal moscovite fait allusion aux tentatives de Bagdad d’établir un « équilibre » dans ses relations avec les États-Unis et l’Iran pour conclure : « Le gouvernement irakien qui a voracement besoin d’argent sait très bien que sans la contribution financière américaine, il sera renversé bientôt. C’est pourquoi en parallèle de son rapprochement de Téhéran, il est aussi en contact avec Washington. À titre d’exemple, en mars 2017, lors d’une conversation téléphonique avec Donald Trump, le Premier ministre irakien s’est engagé à respecter « la coopération stratégique avec les États-Unis » et a remercié Washington pour son aide dans les combats contre le groupe terroriste Daech ».