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Irak: une division du Kurdistan irakien semble possible

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Les Peshmergas du Kurdistan irakien ©Reuters

En Irak, les différends s'aggravent entre les groupes kurdes qui s'accusent mutuellement. Une division du Kurdistan irakien semble-t-elle possible?

L'escalade de différends au sien du Kurdistan irakien et les accusations portées par les groupes kurdes, l'un contre l'autre, laissent présager une possible division de la région.

Les groupes politiques kurdes se divergent en fait sur l'utilité de l'indépendance du Kurdistan irakien dont les répercussions seraient désastreuses pour les Kurdes d'Irak. Pour d'aucuns, les sanctions économiques, qui seraient imposées à la région et la crise financière qu'elles engendreraient ainsi que la rupture de cette région avec l'extérieur, mettraient les citoyens kurdes et non pas Massoud Barzani et sa famille dans une situation difficile .

Le Parti de Barzani accuse l'Union patriotique de Talabani

Les différends s'apparaissent, de plus en plus, entre le Parti démocratique du Kurdistan dirigé par Massoud Barzani et l'Union patriotique du Kurdistan de Jalal Talabani.

Le Parti démocratique du Kurdistan accuse de trahison, l'Union patriotique du Kurdistan qui s'est retirée, sans un quelconque combat, des alentours de Kirkouk. Le PDK accuse l'Union patriotique de Jalal Talabani d'avoir abandonné la zone, volontairement, et selon un accord secret avec les Hachd al-Chaabi, pour la remettre aux forces de la Mobilisation populaire d'Irak.

Les différends interkurdes pourraient déboucher sur une guerre civile kurde, semblable à celle qui a eu lieu, dans les années 90, et qui a conduit Barzani à demander l'aide des forces de Saddam pour vaincre Jalal Talabani.

Le message de Bagdad aux Kurdes

Le Premier ministre irakien Haïder al-Abadi a souligné que les chefs séparatistes, et non la région du Kurdistan irakien, feraient l'objet de punitions que pourrait décider Bagdad après le référendum d'indépendance du Kurdistan irakien. Cela n'est pas allé sans provoquer la haine des Kurdes envers Barzani qui a profité des sentiments nationalistes des Kurdes pour se maintenir au pouvoir.

Le message du Premier ministre irakien à l'adresse des Kurdes, les rassurant que l'armée ne mènerait aucune opération contre eux et que les démarches entreprises par le gouvernement seraient dans le sens de leurs intérêts, a bien inquiété Massoud Barzani.

Le chef du Parti démocratique du Kurdistan, qui tente de suggérer une imminente attaque de Bagdad contre les Kurdes - bien que Bagdad ait formellement démenti cette perspective - craint perdre ses appuis et partant de là,  ses chances pour se faire réélire à la présidence de la région lors des élections de novembre. 

Kirkouk a été occupée, en 2014, par les terroristes de Daech. Cette ville, qui appartient au territoire irakien, a été libérée par les miliciens kurdes des Peshmergas qui avaient promis d’en confier le contrôle à Bagdad après la fin de leur opération. Cependant, ils n’ont pas tenu leur promesse et contrôlent cette localité qui recèle d'importantes ressources pétrolières.

Bagdad a, à maintes reprises, averti les Peshmergas, réclamant leur retrait de Kirkouk dont les habitants ont rejeté, en grande partie, le référendum très controversé sur l’indépendance du Kurdistan irakien.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV