L'Iran affirme que les déclarations du président américain Donald Trump selon lesquelles le mémorandum d’entente d’Islamabad était une « perte de temps » ont une fois de plus mis en lumière le manque d’engagement de Washington envers la diplomatie.
Dans un message publié mercredi sur X, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a réagi aux propos de Trump, qui a reconnu n’avoir jamais cru au mémorandum d’entente ni aux autres moyens diplomatiques visant à favoriser la paix.
« Le mépris de Washington pour la diplomatie est une nouvelle fois mis à nu », a écrit Baghaï, ajoutant que les déclarations de Trump révélaient « le caractère creux » des engagements diplomatiques américains.
« Pour l’Iran, ce n’est pas nouveau », a dénoncé le porte-parole, rappelant que Washington a depuis longtemps l'habitude de renoncer à ses engagements dès qu’ils deviennent gênants.
M. Baghaï a déclaré que les États-Unis considèrent leurs obligations internationales comme étant facultatives, les écartant chaque fois qu’il devient indésirable ou difficile de les respecter.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne a également critiqué les pays européens et d'autres États qui défendent les agissements de Washington, affirmant qu'il n'existe aucune justification pour qu'ils continuent de soustraire les États-Unis à toute responsabilité.
« Il n’existe absolument aucune justification pour que les États européens et d’autres défenseurs de Washington continuent de dissimuler les agissements répréhensibles des États-Unis et de les soustraire à toute responsabilité », a-t-il écrit.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne a appelé au respect constant du droit international et rejeté toute tentative visant à justifier des violations par le biais de discours politiques.
« Le non-respect des engagements ne saurait être justifié ; le droit international ne peut être appliqué de manière sélective, et aucune manœuvre de communication politique ne peut soustraire Washington à ses responsabilités », a-t-il réitéré.
Ces propos font suite aux déclarations de Donald Trump lors d’un récent rassemblement dans le Mississippi : « Nous avons conclu un petit cessez-le-feu, que je n’ai jamais beaucoup apprécié. Je trouvais que c’était une sorte de perte de temps. Mais vous savez, on aime bien écouter les professionnels. »
Négocié sous médiation pakistanaise et signé en juin, le mémorandum d’entente d’Islamabad prévoyait l’arrêt immédiat des attaques militaires, la levée du blocus naval américain, la mise en place de dispositions iraniennes concernant le détroit d’Ormuz, une perspective d'allègement des sanctions ainsi qu’un cadre pour la reconstruction d’un montant de 300 milliards de dollars.
Toutefois, les États-Unis ont immédiatement violé cet accord en menant des frappes aériennes meurtrières contre l’Iran et en imposant un blocus naval au pays.