Le prix du gaz naturel en Europe a dépassé les 97 euros le mégawattheure pour la première fois depuis 2022, sur fond d’inquiétudes concernant l’approvisionnement énergétique hivernal, liées aux tensions en Asie de l’Ouest. En France, les entreprises restent confrontées à des difficultés de remboursement et à des incertitudes économiques.
Les contrats à terme sur le gaz européen ont progressé de 3,3 %, atteignant 97,15 euros le mégawattheure à 8 h 20 GMT, soit leur niveau le plus élevé depuis décembre 2022. L’intensification du conflit en Asie de l’Ouest renforce les craintes concernant la sécurité des approvisionnements, alors que les flux de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du golfe Persique, qui représentaient auparavant près d’un cinquième de l’offre mondiale, restent en baisse d’environ 80 % sur un an.
La situation est d’autant plus préoccupante que les stocks de gaz de l’Union européenne ne sont remplis qu’à 74,6 % de leur capacité, selon Gas Infrastructure Europe (GIE), un niveau nettement inférieur aux moyennes historiques pour cette période de l’année.
Les entreprises françaises fragilisées par les incertitudes économiques
En France, le dernier rapport annuel de l’Observatoire du financement des entreprises, publié ce lundi 26 octobre 2026 sur le site de la Banque de France, souligne la dégradation de la capacité de remboursement des petites et moyennes entreprises (PME) et des entreprises de taille intermédiaire (ETI), ainsi que le maintien d’un niveau élevé de défaillances.
Le document relève néanmoins un financement bancaire globalement assuré, un endettement maîtrisé et une trésorerie des entreprises restant, fin 2025, supérieure à son niveau d’avant la crise sanitaire, malgré des situations contrastées.
Pour 2026, le rapport met notamment en garde contre les répercussions économiques de la guerre en Asie de l’Ouest. Selon une enquête de Bpifrance, 79 % des dirigeants de très petites, petites et moyennes entreprises anticipent un impact négatif du conflit sur leur activité, dont 41 % prévoient des conséquences importantes.
La hausse des prix du pétrole constitue le principal facteur d’inquiétude : 70 % des entreprises interrogées déclarent en subir les effets, particulièrement dans les secteurs des transports et de la construction.
Sur les douze mois achevés en mai 2026, 70 077 défaillances d’entreprises ont été recensées, en léger recul par rapport au mois précédent. En 2025, 68 602 procédures avaient été ouvertes, soit une hausse de 3,6 % après une augmentation de 17,7 % en 2024. Ce niveau dépassait de 15 % la moyenne enregistrée entre 2010 et 2019.
Le rapport de l’Observatoire du financement des entreprises explique cette évolution par le contexte économique et par la multiplication des créations d’entreprises, qui augmente le nombre de sociétés susceptibles de faire face aux difficultés. Le rattrapage des défaillances évitées pendant la crise sanitaire joue désormais un rôle moins important.
Face à cette situation, le rapport met l’accent sur la nécessité de repérer plus tôt les signes de fragilité financière et de renforcer l’accompagnement des dirigeants, qui sollicitent parfois trop tard les dispositifs de soutien existants.