Le président américain Donald Trump a tenu des propos islamophobes lors d’un meeting électoral visant à discréditer Abdul El-Sayed, candidat musulman à un siège au Sénat lors des prochaines élections.
Dimanche, lors d’un rassemblement de campagne dans le Michigan, à l’approche des élections de mi-mandat prévues le 3 novembre, Donald Trump s'en est pris au candidat démocrate Abdul El-Sayed en recourant à une rhétorique anti-musulmane. Il est allé jusqu’à prétendre que Noël serait annulé si ce médecin musulman était élu au Sénat.
Trump a qualifié El-Sayed de « djihadiste », prétendant que, s’il était élu, il serait le seul sénateur auquel le président imposerait de passer chaque jour sous un portique de détection de métaux. « Je veux qu’il passe par un détecteur de métaux », a-t-il insisté.
Trump, dont la popularité a reculé dans un contexte de hausse des prix des carburants aux États-Unis liée à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, a déclaré : « Je suis ici pour empêcher un membre djihadiste des Frères musulmans de devenir sénateur des États-Unis. »
Né aux États-Unis, Abdul El-Sayed est un ancien responsable de la santé publique qui s’est engagé à défendre la Constitution américaine.
Il a jusqu’à présent largement écarté la rhétorique anti-musulmane dont il fait l’objet, les considérant comme des tentatives de créer des « diversions ». Il affirme vouloir se concentrer sur les questions intérieures, notamment la réduction du coût de la vie et l’élargissement de l’accès aux soins de santé.
Il affronte le candidat républicain Mike Rogers, un fidèle soutien de Donald Trump.
Pour les républicains, remporter cette élection sénatoriale est essentiel pour conserver leur majorité au Sénat.
Les républicains détiennent actuellement 53 sièges au Sénat. En 2026, seuls 35 des 100 sièges de la Chambre haute sont soumis au renouvellement.
Depuis sa première campagne présidentielle, en 2016, Donald Trump instrumentalise les sentiments anti-musulmans à des fins politiques.
En 2015, au début de sa première campagne présidentielle, il avait notamment déclaré qu’il soutiendrait « une interdiction totale et complète de l’entrée des musulmans aux États-Unis ».
Moins de deux ans plus tard, devenu président, il a signé un décret interdisant temporairement l’entrée aux États-Unis aux ressortissants de plusieurs pays à majorité musulmane.