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France : la CGT et la CFDT dénoncent le traitement par France 2 des manifestations lycéennes et de la mobilisation du 17 octobre

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
À Paris, le cortège de la manifestation du samedi 17 octobre 2026 s’est élancé de la place de la République. ©SIPA Press

Les sections CGT et CFDT de France Télévisions ont publié deux textes critiquant le traitement des manifestations lycéennes par France 2. Les deux syndicats contestent notamment une séquence intitulée « Au cœur des violences » ainsi que le montage d’une intervention du chef de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

Dans son communiqué intitulé « Sous les pavés, la propagande ! », la CGT critique le journal de 20 heures de France 2 du 18 octobre. Elle dénonce « un clip de propagande » qui « décrédibilise les manifestants du 17 octobre » et évoque « 12 minutes d’images de casse jusqu’à la nausée ».

Le syndicat regrette que les revendications des manifestants n’aient pas été exposées : « Tant pis pour les revendications des manifestants, on ne les entendra pas ».

La CGT conteste également l’enchaînement précédant l’intervention de Jean-Luc Mélenchon. Selon le syndicat, après quatre minutes d’images de violences, la journaliste annonce : « À quelques mètres de là, dans une ambiance bon enfant, entouré de jeunes qui manifestent dans le calme, Jean-Luc Mélenchon analyse la situation. » Le chef de La France insoumise répondait pourtant, selon la CGT, « à une question sur les revendications des manifestations, et non sur la violence et les casseurs ». Le syndicat dénonce « un contre-sens évident » et « un procédé grossier et malhonnête qui fait honte à la profession ».

La CGT affirme se « désolidariser complètement de ce JT de désinformation, porte-parole du ministre de l’Intérieur ». Elle précise que le journal de 20 heures du week-end « ne représente en aucun cas l’opinion de l’ensemble des journalistes de France Télévisions ». Elle conclut : « Toute l’équipe du 20h du 18 octobre a failli et doit démissionner. » Le syndicat réclame par ailleurs « des réponses claires du directeur de l’information ».

De son côté, la CFDT France Télévisions estime, dans un tract intitulé « Tout feu, tout flamme », que l’édition spéciale de France 2 consacrée aux « violences » a franchi « une ligne rouge déontologique ». Sur les 48 minutes de l’émission, hors allocution présidentielle, « moins de deux minutes ont été consacrées aux revendications lycéennes et aux plus de 600 000 manifestants dans les rues de France », selon ses propres calculs. Le syndicat précise que ses critiques ne visent pas les équipes de reportage, mais « les choix éditoriaux, les angles des sujets, les « commandes » qui ont pu leur être passées ».

À propos de la séquence consacrée à Jean-Luc Mélenchon, la CFDT écrit : « Soit le montage est mal foutu, soit il est orienté. Dans les deux cas, c’est très grave. » Elle cite également deux décomptes extérieurs : celui d’Acrimed, selon lequel le traitement des « violences » a été « neuf fois plus important » que celui des causes et des revendications dans les journaux de 13 heures et de 20 heures de France 2, du 28 septembre au 1er octobre ; et celui d’Arrêt sur images, diffusé sur franceinfo le 13 octobre, selon lequel les lycéens auraient bénéficié de 13 minutes et 16 secondes d’antenne, soit 1,38 % du temps d’antenne.

Les deux communiqués ne comportent aucune réaction de France Télévisions.

Depuis la mi-septembre 2026, des lycéens se mobilisent contre la dégradation des conditions dans l’Éducation nationale en France. Le mouvement a pris de l’ampleur et a reçu le soutien d’organisations lycéennes et étudiantes, ainsi que d’une intersyndicale de l’Éducation.

Le 17 octobre 2026 a été une journée de mobilisation nationale de plus grande ampleur. Elle a rassemblé des lycéens, des étudiants, des militants syndicaux, notamment de la CGT et de Solidaires, ainsi que des « Gilets jaunes », autour de revendications portant sur la « vie chère » et les services publics, en particulier l’école.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV