Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a annoncé dimanche que l’Iran n’avait plus besoin d’importer d’essence, une avancée majeure dans un contexte de renforcement du blocus économique américain visant notamment le secteur énergétique et les réserves de change du pays.
Évoquant la consommation énergétique et l’approvisionnement en carburant en pleine période de siège économique, M. Pezeshkian a précisé que le gouvernement misait sur les économies d’énergie et la maîtrise de la demande. Il a souligné que la coopération de la population avait permis de réaliser des économies substantielles.
« Aujourd’hui, nous n’avons plus besoin d’importer d’essence, alors que ces importations auraient dû nous coûter 12 milliards de dollars », a-t-il déclaré, ajoutant que l’intégralité des recettes issues de l’ajustement des prix du carburant serait redistribuée à la population.
Il a également appelé les médias à contribuer au renforcement de l’unité nationale et de la cohésion sociale dans la gestion de l’énergie.
Selon un rapport de l’agence Tasnim, cette évolution a été rendue possible grâce à un ensemble de mesures articulées autour de trois axes, combinant des outils tarifaires et des mécanismes non tarifaires.
Dans un premier temps, le gouvernement a réformé le système de subventions à l’essence en introduisant un troisième palier tarifaire, dont le prix a ensuite été progressivement relevé. Initialement fixé à 5 000 tomans le litre, en complément des tarifs subventionné de 1 500 tomans et du marché libre de 3 000 tomans, ce troisième tarif a ensuite été porté à 10 000 tomans. Cette mesure visait à réserver les subventions aux besoins essentiels et à limiter la surconsommation des véhicules fortement consommateurs de carburant.
Deuxièmement, les autorités ont renforcé la lutte contre la contrebande et les transactions opaques en personnalisant les cartes de carburant d’urgence utilisées dans les stations-service. Auparavant, l’utilisation anonyme et sans restriction de cartes gratuites dotées d’un mot de passe par défaut représentait 40 à 45 % de la distribution totale de carburant. Cette pratique facilitait la contrebande de 4 à 5 millions de litres d’essence par jour.
Dans le cadre du nouveau système, les usagers doivent insérer une carte bancaire, se soumettre à une vérification de leur identité nationale en dix secondes et recevoir un code à usage unique à quatre chiffres, associé au système « Mana ».
Troisièmement, le gouvernement a accéléré le développement du gaz naturel comprimé (GNC), en s’appuyant sur l’un des plus vastes réseaux de distribution au monde, qui compte plus de 2 500 stations en activité.
Des programmes d’incitation et des campagnes médiatiques ont encouragé la conversion des flottes de transports publics et des véhicules de covoiturage à des systèmes bicarburants.
En octobre, la consommation de GNC avait progressé de 14 %, permettant de réduire la consommation d’essence d’environ deux millions de litres par jour.