Alors que les lycéens ont allumé la mèche, les Gilets jaunes et de nombreux autres secteurs entendent raviver le brasier de la contestation sociale ce samedi 17 octobre 2026.
De nombreuses manifestations se déroulent dans le pays, tandis que d’autres formes de mobilisation, notamment des blocages, sont également en cours.
Ces actions ne sont pas sans risque, dans la mesure où les participants s’exposent à plusieurs types de sanctions judiciaires. Selon la nature du blocage, ils risquent une amende, une peine de prison, mais aussi des conséquences sur leur permis de conduire, voire sur leur véhicule.
Alors que de nombreux blocages et manifestations ont été annoncés dans toute la France, la mobilisation de ce samedi 17 octobre rassemble plusieurs catégories de mécontents, des lycéens et étudiants aux anciens Gilets jaunes, autour de revendications sociales communes, notamment contre la vie chère.
Un samedi de mobilisation pour réunir différentes «colères»
Les anciens Gilets jaunes, les lycéens, les étudiants, les militants écologistes et même les agriculteurs se mobilisent ce samedi pour exprimer différentes formes de colère contre la « vie chère ». Cette journée prend des formes diverses, entre blocages et manifestations, dont l’ampleur reste difficile à évaluer.
À 8 heures, une vingtaine de personnes ont installé un barrage filtrant avec des poubelles et de grosses palettes aux abords du centre commercial Leclerc, dans le quartier de Cleunay, à Rennes.
Julie, une étudiante, explique qu’elle est « là pour sauver les services publics » et apporter son « soutien aux lycéens contre les violences policières ». « Il faut plus de thunes pour les écoles et les hôpitaux et moins pour l’armée », a-t-elle ajouté.
À six mois de l’élection présidentielle, l’appel à relancer le mouvement des Gilets jaunes, qui avait marqué le premier mandat d’Emmanuel Macron, s’est conjugué à la protestation des lycéens et des étudiants, qui réclament de meilleures conditions d’études. Cette contestation a également replacé au centre du débat politique la question de la place accordée aux jeunes.
« Beaucoup n’ont pas encore le droit de vote, alors la rue, on la prend » et « Toucher aux enfants, c’est nous toucher tous », peut-on lire dans l’appel à la mobilisation publié sur le site 17octobregiletjaune.net. Celui-ci invite également les habitants des quartiers, les paysans, les ouvriers et les retraités à descendre dans la rue, à se rassembler sur les ronds-points ou à se mobiliser autour de points stratégiques.
L’ampleur de la mobilisation reste difficile à prévoir, alors que les vacances scolaires commencent ce samedi. De son côté, une intersyndicale a appelé les salariés du public et du privé à manifester et à faire grève le 5 novembre, notamment pour défendre les salaires et les services publics.
« Il faut que le gouvernement apporte des réponses politiques sur son budget, sur la question des salaires, sur le blocage des prix du carburant », a déclaré samedi sur RMC Agathe Le Berder, membre du bureau confédéral de la CGT. Le syndicat soutient les actions là où les « conditions seront réunies ».
Cellule de crise
Quelque 1 500 actions, manifestations ou blocages ont été annoncés dans toute la France sur le site internet dédié. Il s’agit notamment de manifestations, de rassemblements sur des ronds-points — symboles de la France périphérique et du mouvement des Gilets jaunes de 2018-2019 —, de barrages filtrants et de blocages susceptibles de toucher les gares, les ponts, les péages, les stations-service, les raffineries et les dépôts pétroliers.
Vendredi, depuis Bruxelles, Emmanuel Macron a appelé au « calme », estimant que le « droit de manifester » devait s’accompagner du « respect », sans « insulter » ni « casser ».
« Des débordements sont anticipés dans les cortèges, notamment parisiens et dans les grandes villes » et « les actions de blocage sur des axes structurants et des équipements majeurs, importants, essentiels, ne seront pas tolérées », a prévenu l’entourage de Laurent Nunez.
Samedi, les grenades assourdissantes, dont l’usage avait été suspendu lors du mouvement lycéen à la suite d’incidents graves, pourront être employées en cas de « violences urbaines extrêmement graves », selon le ministre.
Ces derniers jours, le gouvernement a tenté de désamorcer le mécontentement de certains secteurs de la population. Il a notamment organisé une nouvelle rencontre avec les organisations lycéennes jeudi soir, qui les a une nouvelle fois laissées insatisfaites. Par ailleurs, une enveloppe comprise entre 500 et 700 millions d’euros a été débloquée pour le plan de relance agricole de 2027, alors que la perspective d’une mobilisation des agriculteurs refait surface. Les aides à l’achat de carburant ont également été prolongées.
Sur le plan politique, Jean-Luc Mélenchon a salué sur X « un moment important où s’exprimeront (...) l’exaspération aiguë de très nombreux secteurs de la société, notamment le mouvement actuel de la jeunesse étudiante et lycéenne ». Il a également dénoncé une « période de violences policières et de répression disproportionnées permanentes ».
La secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, et le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, participeront également à la manifestation.
« C’est un peu l’inconnu pour tout le monde, le 17 octobre. On y participera, mais on ne sait pas trop ce que ça va donner », résumait jeudi un cadre de La France insoumise (LFI).