Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh, a réaffirmé que le Liban devait être inclus dans tout accord final visant à mettre fin à la guerre. Il a ajouté que les États-Unis portaient l’entière responsabilité de la violation du « mémorandum d’entente d’Islamabad » et du non-respect de leurs engagements.
Dans un entretien exclusif accordé à la chaîne Al-Mayadeen, diffusé vendredi 16 octobre, M. Khatibzadeh — qui a effectué une visite au Liban cette semaine — a qualifié de productifs les entretiens qu’il y a menés, notamment avec les responsables du ministère des Affaires étrangères et des services du Premier ministre, ainsi qu’avec le président du Parlement, Nabih Berri.
Il a souligné que Téhéran avait profité de cette visite pour rapprocher les points de vue et veiller à ce que le Liban soit pleinement inclus dans tout accord final.
« L’entité israélienne occupante doit mettre fin à la guerre en Syrie et au Liban », a déclaré M. Khatibzadeh, soulignant l’interconnexion étroite des situations dans la région.
Il a rappelé que l’une des conditions fondamentales posées par l’Iran dans tout processus de médiation était la cessation des hostilités sur tous les fronts. « Si la guerre se poursuit sur l’un des fronts, cela signifie qu’elle se poursuit sur tous les fronts », a-t-il affirmé.
La violation du mémorandum d’entente d’Islamabad
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a dénoncé une violation flagrante du mémorandum d’entente d’Islamabad, affirmant que l’accord « a été violé par les sionistes et les Américains lors de leur attaque contre le Liban et l’Iran », quelques jours seulement après sa signature.
Il a estimé que les événements actuels s’inscrivaient dans le prolongement direct de cette violation. Selon lui, « cette entité a privilégié la “piste de Washington”, qui a pourtant démontré son échec, afin de saboter le processus de paix d’Islamabad et d’engager des négociations directes avec le Liban dans le but de le détruire ».
M. Khatibzadeh a souligné que le régime sioniste se soustrayait systématiquement à tous ses engagements. Qualifiant Israël de « rejeton » des États-Unis dans la région, il a déclaré que Washington devrait contenir cette entité.
Le soutien de l’Iran au Hezbollah
Abordant les relations entre l’Iran et le Hezbollah, M. Khatibzadeh a déclaré : « Le Hezbollah est un parti libanais, fondé en réaction aux attaques directes d’Israël contre le Liban et à l’occupation de son territoire. »
Il a souligné que de jeunes patriotes s’étaient rassemblés, indépendamment de leurs appartenances confessionnelles ou religieuses, pour mettre fin à l’occupation.
Il a affirmé que les relations de l’Iran avec ses alliés reposaient sur des principes, des convictions et des valeurs partagés, ajoutant : « La République islamique d'Iran se tient aux côtés de ses amis avec toute sa loyauté. »
Le vice-ministre des Affaires étrangères a souligné que « l’entité occupante ne fait preuve d’aucune pitié ni d’aucun respect pour le droit international », appelant le peuple libanais à la vigilance et à soutenir le Hezbollah afin de renforcer la dissuasion face à l’agression israélienne.
L’échec des États-Unis
Évoquant la guerre d’agression américano-israélienne contre l’Iran, M. Khatibzadeh a qualifié ce conflit d’« illégal et en violation du droit international ».
Il a affirmé que les véritables objectifs de Washington étaient le «changement de régime», la remise en cause de l’intégrité territoriale de l’Iran et la destruction de ses capacités de dissuasion, estimant que ces objectifs avaient lamentablement échoué.
« Pour l’Iran, cette guerre était existentielle. C’est sur cette base que nous avons résisté, sans permettre aux États-Unis de l’emporter », a-t-il déclaré.
Il a évoqué « l’effondrement des illusions de puissance, notamment au sein de l’entité sioniste », ajoutant que « toutes les bases américaines dans la région ont été détruites et que leur véritable objectif — protéger Israël — a été mis au grand jour ».
M. Khatibzadeh a affirmé que l’Iran n’accordait aucune importance à la politique intérieure américaine, aux élections ni aux déclarations du président Donald Trump, soulignant que Washington était responsable du non-respect de ses propres engagements.
Il a ajouté que l’Iran restait ouvert à un dialogue équilibré et à une réconciliation fondée sur le respect mutuel, à condition que Washington manifeste une réelle volonté en ce sens et agisse de manière responsable.
Il a réaffirmé qu’aucune solution ne pouvait se substituer à la voie diplomatique, soulignant que l’Iran était prêt à régler les questions liées à son programme nucléaire tout en exerçant pleinement son droit à l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, un droit dont le respect par Téhéran a été confirmé par les rapports de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Le vice-ministre des Affaires étrangères a rappelé la proposition iranienne visant à rouvrir le détroit d’Ormuz, dont la mise en œuvre ne nécessiterait que sept jours, tout en affirmant que l’Iran était prêt à se battre jusqu’à la dernière goutte de sang si la guerre lui était imposée.