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France : près d’un tiers du budget de l’Éducation nationale consacré aux pensions des retraités

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Manifestation à Toulouse contre la réforme des retraites, le 19 janvier 2023. ©Reuters

Pour la première fois, le gouvernement français a rendu publics les montants consacrés aux pensions des anciens agents de l’État dans le budget de chaque ministère. À l’Éducation nationale, elles représentent 32 % des crédits prévus, un chiffre qui apporte un nouvel éclairage au débat budgétaire.

Annoncée dès le mois de mai par le ministre des Comptes publics, David Amiel, cette publication inédite figure dans une annexe au projet de loi de finances pour 2027. Elle a pour objectif de différencier les dépenses nécessaires au fonctionnement actuel des services publics de celles destinées au versement des pensions des anciens fonctionnaires, qui ne figurent pas dans les comptes de la Sécurité sociale.

Les chiffres publiés font apparaître des montants considérables. Sur les 89,1 milliards d’euros inscrits au budget de l’Éducation nationale pour 2027, 28,5 milliards seront affectés au compte spécial Pensions, soit 32 % de l’ensemble des crédits. Au ministère de l’Intérieur, cette part s’élève à 30 %. Tous ministères confondus, les retraites représentent en moyenne 13 % des budgets.

Ces montants, qui totalisent environ 60 milliards d’euros, placent le financement des pensions des agents publics parmi les plus lourdes charges de l’État. L’économiste Maxime Sbaihi a salué une publication historique, en soulignant l’ampleur des montants concernés : « Attention, ça pique : 32 % du budget de l’Éducation nationale et 30 % du budget de l’Intérieur part en réalité dans… les retraites. »

Il relève également que ces dépenses représentent plus de 11 % du budget de l’État central. De son côté, la Cour des comptes avait évalué à 65 milliards d’euros par an le coût des pensions des agents de l’État.

Ce poids s’explique par un déséquilibre démographique marqué : moins d’un cotisant par retraité dans la fonction publique d’État, contre 1,5 dans le privé. L’État cotise à hauteur de 82,28 % du salaire des fonctionnaires civils et de 126,07 % pour les militaires, loin des 17 % du secteur privé.

La Cour des comptes a néanmoins rappelé qu’à rémunération égale, le régime de retraite des fonctionnaires n’est pas plus avantageux. Le document budgétaire met lui aussi en garde contre cette interprétation, estimant qu’il s’agirait d’« une lecture erronée à éviter ».

Ces précisions n’ont toutefois pas mis fin aux critiques. L’essayiste Joan Larroumec dénonce une manipulation du calcul budgétaire : « pour ne pas faire apparaître l’immense déficit des retraites, on impute des cotisations sociales allant jusqu’à 80 % du salaire des fonctionnaires. Ce qui gonfle tous les budgets. Ainsi non seulement on empêche de prendre conscience d’à quel point le système est déficitaire, que la retraite des fonctionnaires est sur le point de devenir le premier budget de dépense de l’état, mais aussi on fausse toutes les comparaisons internationales ».

Cette publication intervient alors que le gouvernement cherche à réaliser 5,5 milliards d’euros d’économies sur les retraités dans le cadre du budget 2027. Les mesures envisagées reposent notamment sur une sous-indexation partielle des pensions et une baisse du plafond de l’abattement fiscal.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV