Les lycéens et étudiants français ont relancé mardi leur mouvement de contestation à travers des blocages et des manifestations dans plusieurs villes du pays, avec le soutien de la militante écologiste suédoise Greta Thunberg, apparue aux côtés des jeunes mobilisés avec un keffieh palestinien sur les épaules.
Les manifestations, à l’appel des organisations lycéennes et étudiantes auxquelles se sont joints des syndicats d’enseignants, ont débuté dans plusieurs villes de la France, scandant « La lutte, la lutte, jusqu’à la victoire ! »
Selon la police, 360 actions étaient en cours, hors agglomération parisienne, avec une cinquantaine d’universités et plusieurs dizaines de lycées faisant l’objet de blocage.
« On se demande comment c’est possible que tout notre argent, il parte dans l’armée plutôt que dans l’éducation, dans le futur. Donc on attend de vraies réponses de la part du gouvernement », résume Jonas, 17 ans, élève de terminale défilant à Bordeaux.
Des organisations lycéennes et étudiantes demandent depuis plusieurs jours à être reçues par le Premier ministre Sébastien Lecornu.
« J’ai le bac cette année et toujours pas de prof d’anglais et physique chimie », a raconté à l’AFP Lise, en terminale au Kremlin-Bicêtre, un autocollant « à bas parcoursup » collé dans le dos.
De nombreux parents, professeurs et syndicalistes étaient également présents : « On est inquiet pour nos enfants et petits-enfants qui travaillent dans de mauvaises conditions », a expliqué Hubert Comon, retraité de la fonction publique et membre d’Attac.
La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, présente à la manifestation parisienne, a assuré à BFMTV que « tant qu’il n’y a pas de réponse aux revendications, la mobilisation va continuer », avec en ligne de mire les multiples rassemblements prévus samedi sur le pouvoir d’achat.
Plusieurs organisations étudiantes et lycéennes, qui doivent être à nouveau reçues jeudi après-midi par les ministres de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, ont également appelé mardi à « rejoindre le mouvement des +gilets jaunes+ » samedi.
À l’appel de cet « acte V » du mouvement parti mi-septembre d’un lycée de Créteil pour s’étendre un peu partout en France, l’Union syndicale des lycéens exige toujours la suppression de la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur Parcoursup et un plan de 10 milliards d’euros pour les lycées.
Fait inattendu, la militante écologiste suédoise Greta Thunberg est venue apporter son appui aux manifestants devant le lycée Paul-Eluard de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), un des épicentres du mouvement.
« On nous vole notre avenir » et « les écoles ne reçoivent pas les investissements dont elles ont besoin », a-t-elle déclaré, keffieh sur les épaules, devant une centaine de jeunes. Mais « nous n’allons pas abandonner », a-t-elle poursuivi, se disant « fière des étudiants français ».
À ses côtés, une vingtaine d’avocats venus organiser une « chaîne en robe pour protéger les lycéens » d’éventuelles violences policières.
Les manifestants espèrent faire la jonction avec la mobilisation « contre la vie chère », prévue samedi au premier jour des vacances de la Toussaint.