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Hausse du carburant : les pêcheurs français peinent à sortir de leur dépendance au gazole

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La flambée des prix du gazole fragilise les pêcheurs français et relance le débat sur l’avenir du chalutage. ©AFP

De nombreux pêcheurs français peinent à maintenir leur activité face aux fluctuations des prix à la pompe. Le chalutage, particulièrement gourmand en carburant, reste difficile à remplacer par des solutions alternatives, ce qui fragilise une partie de la filière. 

« On est complètement coincés », résume Jérôme Nicol, directeur opérationnel de l’Armement de la pêche artisanale de Keroman, à Lorient, dans l’ouest de la France.

Selon lui, avec cinq chalutiers polyvalents de 20 à 24 mètres consommant en moyenne 1 400 litres de carburant par jour, cet armement breton subit de plein fouet la flambée des prix du gazole.

Face à la hausse des charges, les pêcheurs ne peuvent ni répercuter les coûts supplémentaires sur leurs prix de vente ni augmenter leurs captures en raison des quotas. Ils se retrouvent ainsi dans une situation de dépendance, sans réelle marge de manœuvre, souligne le directeur.

Selon l’observatoire Amarrée, le prix du gazole pêche, détaxé et teinté en bleu, a doublé depuis le début de l’année pour atteindre une moyenne de 1,21 euro le litre début octobre. 

« L’impact est énorme pour l’armement, mais aussi pour les membres d’équipage », souligne Nicol. Rémunérés en fonction des revenus générés par la pêche, les marins pourraient voir leur salaire diminuer de « 200 à 600 euros » par mois, estime-t-il.

Selon l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), le chalutage est particulièrement énergivore : le carburant absorbe à lui seul 25 à 30 % du chiffre d’affaires.

Tous les pêcheurs ne sont pas égaux face à la dépendance au gazole. Les plus grands navires, qui pratiquent le chalutage de fond au large des côtes, peuvent consommer jusqu’à 13 fois plus de carburant qu’un navire de pêche de taille moyenne.

À l’inverse, les petits navires côtiers pratiquant la pêche à la ligne, au filet ou au casier sont moins dépendants du gazole. Ils restent toutefois affectés par la hausse des prix du carburant.

Au sein de l’Association de Protection Animale (Apak), des essais sont en cours pour développer des moteurs hybrides et améliorer l’hydrodynamique des chaluts. Toutefois, les économies attendues restent modestes.

Au-delà des solutions techniques, la crise ravive le débat sur l’organisation de la flotte française et les méthodes de pêche employées.

« Il y a forcément des économies à aller chercher un peu partout, mais ce qui peut jouer beaucoup, ce sont les techniques de pêche utilisées », souligne Olivier Guyader, qui s’interroge sur l’adéquation entre la taille des navires, les engins utilisés et les ressources disponibles.

Didier Gascuel, professeur en écologie marine à l’Institut Agro Rennes-Angers, va plus loin et appelle à une « déchalutisation organisée du secteur » sur une période de 20 à 30 ans.

Depuis le début de la flambée des prix, le gouvernement a débloqué plus de 30 millions d’euros pour aider les pêcheurs à financer leur gazole. À cette aide s’ajoute l’exonération fiscale sur ce carburant, assimilée à une subvention par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

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SOURCE: FRENCH PRESS TV