Le ministre français des Comptes publics a alerté sur les répercussions de la hausse du coût de l’emprunt sur les finances publiques, les entreprises et les ménages. Il a appelé à prendre des mesures urgentes pour adopter un budget visant à réduire le déficit en 2027, soulignant ainsi les difficultés économiques auxquelles la France est confrontée.
« Nous sommes, à l'évidence, dans une situation très préoccupante », a déclaré David Amiel lors d’une interview accordée à France inter, samedi 10 octobre.
Il a qualifié de « préoccupante » la hausse des taux d’intérêt auxquels la France emprunte et appelé la classe politique à un « ressaisissement collectif » pour faire adopter le budget 2027 et réduire le déficit public.
Au cours de la semaine, le taux d’emprunt à dix ans de la France s’est même approché de 5 %, a précisé le ministre, soulignant qu’il avait augmenté d’un point depuis juillet. Cette hausse alourdit considérablement la charge de la dette française.
Selon lui, une hausse d'un point des taux d'intérêt de la dette française représenterait, à terme, « 36 milliards d’euros de charges d’intérêt supplémentaires par an ». « C’est trois fois le budget du ministère de la Justice », a-t-il expliqué.
Selon le ministre, la hausse des taux d’intérêt « a non seulement un effet sur les comptes publics », mais aussi « sur la vie économique », puisqu’elle renchérit le coût des emprunts pour les entreprises qui souhaitent investir et pour les particuliers qui ont besoin d’un crédit à la consommation ou immobilier.
À titre d’exemple, il a indiqué qu’une hausse d’un point des taux d’intérêt sur un crédit immobilier de 200 000 euros pouvait entraîner une augmentation de 100 euros des mensualités.
« C’est la raison pour laquelle (…) il nous faut un budget qui réduise le déficit, aussi pour réduire les taux d’intérêt », a déclaré David Amiel, insistant sur l’« urgence à agir ».
« Les premières heures de débat à la Commission des Finances ont conduit, en quelques heures, à dégrader le déficit de près de 4 milliards d'euros. Effectivement, il faut qu'il y ait un ressaisissement collectif », selon le ministre. Les députés ont rejeté à la quasi-unanimité vendredi en commission la partie « recettes » du budget de l'État pour 2027, mais sans conséquence immédiate puisque le texte retourne mardi dans l'hémicycle dans la version initiale du gouvernement.
Face à la hausse du coût de la dette et à ses répercussions sur l’économie, le gouvernement français fait de la réduction du déficit public une priorité pour le budget 2027, dans un contexte de fortes contraintes budgétaires et de pressions croissantes sur les finances publiques.