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L’UE face à un risque de pénurie de gaz cet hiver, sur fond de réserves au plus bas

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Le site de stockage de gaz naturel Astora, le plus grand d’Europe occidentale, à Rehden (Allemagne), le 16 mars 2022. ©Reuters

L’Union européenne pourrait faire face à une pénurie de gaz naturel pouvant atteindre 14 milliards de mètres cubes cet hiver, soit environ 7 % de sa demande, alors que la baisse des réserves, les contraintes pesant sur les approvisionnements mondiaux et la réduction des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe accentuent la pression sur les marchés de l’énergie.

Selon des rapports publiés jeudi et vendredi par le Réseau européen des gestionnaires de réseaux de transport de gaz (ENTSO-G) et l’Institut d’analyse économique et financière de l’énergie (IEEFA), basé aux États-Unis, ce déficit potentiel pourrait entraîner une hausse des prix pour les ménages et les industriels, voire des restrictions de consommation si les approvisionnements supplémentaires s’avéraient insuffisants.

Les stocks de gaz de l’UE sont tombés à un peu plus de 70 %, leur niveau le plus bas à cette période de l’année depuis le début des relevés en 2011. Les prix élevés ont incité les négociants à vendre du gaz pendant l’été plutôt qu’à le stocker en prévision de l’hiver, réduisant ainsi la marge de manœuvre de l’UE face aux perturbations d’approvisionnement.

Ana Jaller-Makarewicz, principale analyste de l’IEEFA pour l’Europe, a déclaré au média américain Politico que la baisse des réserves réduisait la marge de manœuvre de l’UE face aux perturbations des approvisionnements mondiaux, la rendant ainsi « vulnérable aux flambées des prix ».

Ces prévisions sombres interviennent alors que l’Iran maintient fermé le détroit stratégique d’Ormuz, une situation qui a fortement perturbé les marchés mondiaux de l’énergie.

L’Iran a fermé cette voie maritime après le lancement, le 28 février, d’une nouvelle agression américano-israélienne non provoquée contre le pays.

L’Iran et les États-Unis s’étaient entendus en juin sur une période de réouverture de 60 jours, dans le cadre d’un mémorandum d'entente négocié par le Pakistan. Toutefois, les violations américaines ont contraint Téhéran à rétablir la fermeture du détroit.

Les restrictions sur le GNL russe accentuent les tensions sur l’approvisionnement

Selon l’IEEFA, l’interdiction à l’échelle de l’UE des contrats d’approvisionnement à long terme en GNL russe, dont l’entrée en vigueur est prévue en janvier, devrait réduire les importations européennes de gaz de 7 milliards de mètres cubes supplémentaires.

Historiquement, le gaz russe permettait de répondre aux pics de demande hivernale. « Désormais, l’Europe dépend de ses stocks pour passer l’hiver », souligne l’IEEFA.

Parallèlement, la demande hivernale de gaz a augmenté au cours des deux dernières années, tandis que les importations sont restées globalement stables. Les prélèvements nets dans les stocks de gaz de l’UE ont atteint 22,6 milliards de mètres cubes en janvier 2026, contre 18,8 milliards en janvier 2025 et 17,8 milliards en janvier 2024.

Des importations supplémentaires potentiellement coûteuses

Selon l’IEEFA, remplacer les approvisionnements perdus par du GNL coûterait environ 3 milliards d’euros supplémentaires (3,3 milliards de dollars) aux prix actuels, soit 12 % de plus qu’un an auparavant pour les mêmes volumes.

« La production américaine de GNL étant proche de sa pleine capacité, les possibilités d’augmenter les exportations restent limitées », a indiqué Jaller-Makarewicz.

L’ENTSO-G avertit que les stocks pourraient tomber à 11 % de leur capacité en cas d’hiver rigoureux, même en optimisant les importations de GNL. Pour maintenir les réserves à 30 % à la fin de l’hiver, il faudrait réduire ou suspendre une partie de la consommation, à hauteur de 7 % de la demande totale.

Selon Laurent Ruseckas, analyste principal des marchés du gaz chez S&P Global Energy, la hausse des prix pourrait inciter l’Europe à attirer des cargaisons de GNL initialement destinées aux marchés asiatiques.

« Il n’y a pas beaucoup de demande à réduire en Europe », a-t-il ajouté, soulignant que le conflit entre l’Ukraine et la Russie avait déjà entraîné une baisse de 20 % de la demande industrielle de gaz dans l’UE. « Et elle ne s’est pas redressée. »

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV