Lors d’un point de presse le 9 octobre, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a déclaré suivre « avec inquiétude » les incidents survenus lors des manifestations lycéennes en France, dont certaines ont dégénéré en violences. Il a appelé toutes les parties à veiller au maintien du caractère pacifique des rassemblements et les forces de l’ordre à éviter tout « recours disproportionné à la force ».
« Nous suivons avec inquiétude les incidents liés aux manifestations étudiantes et aux blocages de lycées en France, dont certains ont dégénéré en violences », a déclaré à la presse, à Genève, Shabia Mantoo, porte-parole du HCDH.
« Nous appelons chacun à veiller à ce que les manifestations restent pacifiques et à ce que les forces de l’ordre ne recourent pas de manière disproportionnée à la force », a-t-elle souligné, rappelant que « le droit de réunion pacifique doit être respecté ».
Le ministère français de la Justice a indiqué, dans un communiqué, que 6 877 personnes, dont 86 % de mineurs, avaient été placées en garde à vue depuis le début du mouvement.
Parmi elles, 2 376 font l’objet de poursuites judiciaires. Le communiqué fait également état de 21 placements en détention provisoire, dont 15 adultes et six mineurs.
Des centaines de blessés depuis le début du mouvement
Selon le syndicat policier UN1TE, 761 membres des forces de l’ordre avaient été blessés au 7 octobre depuis le début du mouvement. Deux jours plus tôt, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, avait fait état de 190 élèves blessés. Il avait également évoqué un cas « personnellement et humainement dramatique », celui d’un lycéen de 15 ans qui a perdu une main lors d’une manifestation à Lens.
« Attendre qu’un garçon de 15 ans ait la main arrachée pour suspendre l’usage de grenades assourdissantes, je trouve que c’est extrêmement inquiétant », a déclaré le 9 octobre sur franceinfo Marylise Léon, secrétaire générale de la Confédération française démocratique du travail (CFDT). Elle s’est également interrogée sur le nombre d’interpellations.
Le même jour, Édouard Geffray a annoncé, sans en préciser le nombre exact, que « la journée d’hier nous a fait passer le cap des 100 personnels » de l’Éducation nationale « blessés ».
La veille au soir, le ministre avait également annoncé, sans davantage de précisions, que 3 000 enseignants remplaçants seraient réaffectés dans les établissements considérés comme prioritaires, grâce à « un outil qu’on a dopé à l’IA ».
« C’est Édouard le magicien : hier, ce n’était pas possible et aujourd’hui, on a 3 000 professeurs qui vont être devant les étudiants », a ironisé sur CNews Laurent Jacobelli, député de la Moselle et porte-parole du Rassemblement national (RN).
Il a dénoncé une « gestion par à-coups de la politique de l’Éducation nationale », ainsi qu’une « légitimation de la violence » observée lors des manifestations lycéennes.