Un lycéen âgé de 15 ans a vu sa main arrachée lundi 5 octobre à Lens, dans le nord de la France, alors que la mobilisation lycéenne se poursuit dans plusieurs régions du pays. L’explosion d’une grenade survenue aux abords du lycée professionnel Auguste Béhal serait à l’origine de cette grave blessure.
Le préfet du Pas-de-Calais, François-Xavier Lauch, et le procureur de la République de Béthune, Étienne Thieffry, ont tenu une conférence de presse consacrée à l’incident.
« Malheureusement, nous avons eu un lycéen qui a été gravement blessé au cours d’une manifestation ; un lycéen de 15 ans qui a vu sa main arrachée », a déploré François-Xavier Lauch, cité par Le Parisien.
Dans un message à la presse, François-Xavier Lauch a adressé une pensée aux parents de la jeune victime. « Nous ne faisons pas du maintien de l’ordre pour arriver à ce genre de faits. J’en appelle au calme. Manifester est un droit, les manifestations se déclarent et nous mettons tout en œuvre pour éviter ce genre de choses », a-t-il indiqué, tout en rappelant son soutien aux pompiers, aux policiers et aux gendarmes.
D’après les premiers éléments de l’enquête, le jeune homme aurait ramassé une grenade de désencerclement lancée par des CRS, qui aurait ensuite explosé, a indiqué une source policière au quotidien français. Le procureur de la République de Béthune, Étienne Thieffry, n’a toutefois pas été en mesure de confirmer cette version des faits.
Toutefois, cette version est contestée par des lycéennes interrogées par France 3 Hauts-de-France, qui affirment que la grenade a été lancée en direction de l’élève.
« Il était en train de courir, ils ont lancé la boule, je ne sais pas ce que c’était, il l’a reçue dans la main et d’un seul coup, ça a explosé dans sa main », a raconté une camarade sous le choc.
Cependant, le procureur de la République de Béthune a prétendu ne pas être « en mesure de dire formellement si le lycéen a ramassé la grenade ou si elle a été jetée sur lui ».
L’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) a été saisie, a annoncé le procureur de la République de Béthune, une information également rapportée par la chaîne BFMTV.
« L’IGPN a été saisie du chef de “délit de violence entraînant une infirmité/mutilation permanente” afin de faire toute la lumière, toute la chronologie et la relation des faits qui ont pu conduire à cette main arrachée », a précisé Étienne Thieffry.
Le ministère de l’Éducation nationale a indiqué à BFMTV que 413 établissements scolaires ont fait ou font l’objet d’actions ou de perturbations lundi en France, alors que l’Union syndicale lycéenne (USL) appelle à intensifier le mouvement.
Ce chiffre est en baisse de 27 % par rapport aux 564 établissements recensés à la même heure vendredi, et de 32 % par rapport à jeudi. Néanmoins, le ministère français a prétendu que 40 % des établissements concernés lundi n’avaient pas été perturbés auparavant, ce qu’il considère comme une tentative d’éléments extérieurs d’étendre la mobilisation.
Une nouvelle journée de mobilisation est prévue mardi 6 octobre, avec la participation de la CGT. Les lycéens réclament davantage de moyens et dénoncent notamment les classes surchargées, la dégradation des bâtiments et les absences d’enseignants non remplacées.