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Mobilisation lycéenne : plus de 400 lycées paralysés, journée du 6 octobre

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le jeune homme de 16 ans, blessé à l’œil lors d’une manifestation à Tours. Selon la procureure de Tours, ses blessures sont compatibles avec l’impact d’une balle de défense de type LBD.

Lancé le 17 septembre dans la région parisienne, le mouvement de protestation et de blocus des lycéens s'est progressivement étendu à tout le territoire et la situation s'est enflammée dans de nombreuses villes de France. Plus de 5 000 personnes ont été interpellées et les organisateurs appellent à la poursuite de la mobilisation, faute de « mesures concrètes ».

Les cours suspendus lundi dans 400 à 500 lycées

Les cours seront « totalement ou partiellement » suspendus lundi 5 octobre dans « 400 à 500 » lycées où les conditions de sécurité « ne sont pas réunies », a annoncé dimanche le ministre de l'Éducation nationale. Il a aussi précisé que 24 établissements scolaires ont été « incendiés ou saccagés » en marge du mouvement lycéen la semaine dernière.

« Il y en avait entre 400 et 500 qui avaient suspendu les cours vendredi, sur les 3 700 que compte le pays, et il y en aura probablement autant lundi, mais avec une reprise partielle et progressive des cours », a précisé Édouard Geffray sur France 2 et France Inter, déplorant par ailleurs que « 78 personnels » de l’Éducation nationale aient été blessés « depuis le début des événements ».

Les fermetures interviennent lorsque « les conditions de sécurité ne sont pas remplies », soit pour des raisons matérielles, soit parce que des membres du personnel « ont été directement visés », a expliqué le ministre.

Plus d'un tiers des lycées publics seront fermés lundi en Île-de-France

Plus d'un tiers des lycées franciliens seront fermés lundi, soit plus de 160 établissements, à la veille d'une nouvelle journée de blocages redoutée par le gouvernement, a annoncé dimanche la présidente LR de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, sur Franceinfotv.

« Malheureusement, on en aura plus de 160 qui seront fermés, ça veut dire en fait plus d'un tiers » des 468 lycées publics que compte la région, a déclaré Valérie Pécresse.

« Je suis triste parce que je pense à ce tiers de lycéens qui ne va pas avoir cours pendant des semaines », a prédit la présidente de la région de France la plus peuplée du pays, estimant que « l'objectif » de ce mouvement est, selon ces instigateurs, « de tenir jusqu'aux vacances » de la Toussaint qui commencent le samedi 17 octobre.

Lire plus: Mobilisations lycéennes en France : LFI dénonce des violences policières

Sébastien Lecornu demande que les cours reprennent dès lundi « partout » où la sécurité le permet

Sébastien Lecornu a demandé que les cours reprennent « partout » où les conditions de sécurité le permettent, dans une « feuille de route » adressée dimanche à plusieurs de ses ministres face à la mobilisation lycéenne, qui fixe un calendrier pour répondre à une partie de leurs revendications.

« À partir de ce lundi 5 octobre, le principe est que les cours devront reprendre partout où la sécurité et l'état des locaux le permettent, en tenant compte, au cas par cas, de la situation locale », a demandé le Premier ministre dans une lettre adressée au ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, et à six autres ministres, dont le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez.

Selon le chef du gouvernement, « la fermeté face aux violences (...) doit aller de pair avec l'écoute des inquiétudes légitimes ». Dans cette lettre, il confie à ses ministres cinq chantiers, issus des sujets remontés par les conseils académiques de la vie lycéenne, avec « de premières décisions attendues avant la fin du mois ».

Parmi les chantiers lancés, le chef du gouvernement demande notamment la mise en place, dans chaque académie dès cette semaine, d'un « traitement prioritaire du remplacement des absences longues et des postes non pourvus », avec un premier bilan attendu le 16 octobre. Il convoque également une réunion mardi avec les présidents de région et plusieurs ministres sur la rénovation des établissements scolaires, afin « d'identifier les urgences » et « d'établir un calendrier ».

Fabien Roussel (PCF) appelle à soutenir et accompagner les lycéens mardi

Le candidat communiste à la présidentielle Fabien Roussel a appelé dimanche enseignants, salariés et militants à soutenir les lycéens lors de la journée de mobilisation prévue mardi, afin que « les revendications émergent plutôt que la violence ».

« Si nous voulons protéger nos enfants, (...) nous aurions plutôt intérêt à nous en mêler », a-t-il déclaré sur BFMTV, précisant avoir invité les militants communistes à venir « aider » les organisations de jeunesse à « sécuriser les parcours » et être présents à leurs côtés.

Par ailleurs, Fabien Roussel a rejeté les accusations du gouvernement contre La France insoumise, soupçonnées par Matignon d'être à l'origine du mouvement. « Les élus et les députés communistes aussi sont présents pour discuter avec les lycéens, non pas pour aller brûler des poubelles, mais pour faire émerger leur revendications. »

La famille de l’adolescent ayant perdu un œil à Tours a porté plainte

La famille d'un lycéen de 16 ans ayant perdu l'usage d'un œil après des incidents survenus lors du blocage d'un établissement à Tours a porté plainte pour « violences par personne dépositaire de l'autorité publique », a annoncé dimanche le parquet.

Lire plus: Protestations en France : un lycéen a perdu l’usage d’un œil après un tir policier

La famille de Maël, 16 ans, a déposé plainte quelques jours après avoir appris que l’adolescent avait perdu l’usage de son œil droit, a indiqué la procureure de la République de Tours, Catherine Sorita-Minard, confirmant une information du quotidien La Nouvelle République.

Mercredi, à la suite d’examens médico-légaux, la procureure avait indiqué que les lésions à l’œil de l’adolescent étaient « compatibles avec l’impact d’une balle de défense de type LBD ». Une vidéo montrant un jeune homme assis, la tête ensanglantée, avait par ailleurs été largement diffusée sur les réseaux sociaux.

Dans la suite de l’affaire, Maël et sa mère ont été entendus par les services de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), tandis que l’enquête se poursuit, a précisé Catherine Sorita-Minard.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV