Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a réagi aux récentes allégations du secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, selon lesquelles l’économie iranienne « s’effondrerait d’ici deux semaines », en soulignant les difficultés économiques auxquelles les États-Unis eux-mêmes sont confrontés.
Dans une publication sur X mercredi, M. Ghalibaf a présenté une formule destinée à illustrer, sous forme de modèle analytique, les pressions qui pèsent sur l’économie américaine, notamment celles liées à la fermeture du stratégique détroit d’Ormuz par l’Iran en riposte à l’agression américano-israélienne.
Cette formule met l’accent sur le coût d’emprunt du gouvernement américain ainsi que sur la hausse des rendements des titres du Trésor américain.
La formule montre que le gouvernement américain s’était auparavant lourdement endetté à une époque où les taux d’intérêt étaient proches de zéro. Or, à mesure que ces emprunts arrivent à échéance, les États-Unis doivent, selon cette analyse, contracter de nouveaux emprunts à des taux d’intérêt nettement plus élevés pour rembourser leur dette existante.
Parallèlement, selon M. Ghalibaf, la capacité et la volonté des investisseurs étrangers d’acheter des obligations du gouvernement américain sont en baisse.
Cette situation, ajoute-il, a contribué à son tour à la hausse des rendements des bons du Trésor américain.
Le président du Parlement iranien a ensuite établi un lien entre ces tensions financières, le rôle de l’Iran dans le détroit d’Ormuz et les répercussions de cette situation sur les prix de l’énergie.
À travers cette formule, il a fait valoir que le maintien de la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran, le maintien de prix élevés de l’énergie et la hausse des rendements des bons du Trésor américain exerçaient une pression supplémentaire sur le Trésor américain, compliquant davantage la situation à laquelle est confronté Scott Bessent.
Téhéran a fermé cette voie maritime à la suite du lancement, le 28 février, de l'agression américano-israélienne non provoquée contre l’Iran.
La République islamique d’Iran et les États-Unis avaient convenu d’une période de réouverture de 60 jours dans le cadre d’un mémorandum d'entente négocié par le Pakistan en juin, mais les violations américaines ont contraint Téhéran à rétablir la fermeture.
La fermeture du détroit d’Ormuz a provoqué une onde de choc sur les marchés mondiaux de l’énergie, y compris aux États-Unis, où la hausse des prix de l’énergie a des conséquences directes sur la popularité et les perspectives des gouvernements en place.
La description faite par M. Ghalibaf de la situation de l’économie américaine et du rôle joué par les représailles iraniennes dans les difficultés économiques de Washington intervient alors que la République islamique d’Iran insiste sur le fait que les questions concernant l’Iran, notamment la navigation dans le détroit et les flux mondiaux d’énergie qui y sont liés, ne peuvent être résolues que dans le respect des droits du peuple iranien.