Ce mercredi 30 septembre, la mobilisation des lycéens s’est étendue en France, avec 356 établissements perturbés et 625 personnes interpellées, selon un bilan provisoire présenté par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray.
« Au moment où l’on se parle, le mouvement a concerné 356 établissements », contre 338 mardi à la même heure, a indiqué Laurent Nuñez lors d’un point presse, faisant état d’une extension du mouvement et d’une « montée de la violence assez significative » dans certains établissements.
En outre, Laurent Nuñez a annoncé que 625 personnes ont été interpellées mercredi et que 83 membres des forces de sécurité ont été blessés au cours de la journée.
Le ministre de l’Intérieur a notamment déploré la présence, aux côtés des lycéens, « d’individus » venus prendre part aux blocages. Il a également dénoncé des violences visant les forces de l’ordre ainsi que des atteintes aux biens.
Par ailleurs, trois enquêtes ont été ouvertes par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) au sujet d’interventions policières à Sevran, Tours et Saint-Ouen.
De son côté, Édouard Geffray a indiqué que 119 élèves et personnels de l’Éducation nationale ont été blessés depuis vendredi dernier, dont 34 membres du personnel.
« Je crois que c’est inédit dans l’Éducation nationale », a-t-il déclaré, qui a dénoncé la présence de « groupes d’une extrême violence ». « Ce n’est ni l’esprit de l’école, ni l’esprit de la République », a-t-il ajouté.
Toutefois, Édouard Geffray a reconnu que la mobilisation exprimait des préoccupations auxquelles le gouvernement devait répondre. « Ce mouvement témoigne du fait que nos lycéens ont besoin de faire part de leurs attentes, de leurs angoisses, de leurs demandes, certaines d’entre elles tout à fait légitimes », a-t-il affirmé.
🔴🇫🇷 Scandaleux: la police lâche des chiens sur les lycéens mobilisés devant le lycée Baggio à Lille, nord de la France. Un lycéen blessé. pic.twitter.com/e8X2A0Fy2r
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Alors que la mobilisation se poursuit, Édouard Geffray a annoncé la mise en place, à partir de lundi, d’une « grande plateforme de consultation » destinée à permettre aux lycéens de faire connaître leurs revendications, individuellement ou collectivement.
Le ministre a également demandé la réunion des conseils de vie lycéenne dans les établissements concernés. Dans les prochaines 48 heures, les préfets doivent recevoir des représentants des lycéens élus par leurs pairs, tandis que des conseils d’administration doivent eux aussi être convoqués.
« Les deux piliers de la démocratie sont le dialogue et la transparence », a-t-il indiqué, en soulignant que les élèves devaient « retrouver le chemin des cours », tout en conservant la possibilité de faire entendre leurs revendications.
France : un lycéen grièvement blessé au visage, des témoins parlent d’un tir policier de LBD
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🇫🇷 IGPN a été saisie mercredi 30 septembre au matin pour enquêter sur des soupçons de tir de LBD au visage d’un lycéen en marge d’un blocage d’un lycée du centre-ville de Tours pic.twitter.com/kdIm7QYrAe
Désormais au cœur du débat politique français, la mobilisation lycéenne a suscité une réaction d’Emmanuel Macron, qui a mis en cause, sans les nommer, des responsables de La France insoumise (LFI), avant que Jean-Luc Mélenchon ne lui réponde.
Le président français a martelé mercredi, depuis l’Espagne, que la mobilisation des lycéens ne justifiait pas la violence. « Aucune de ces craintes ne légitime la violence. Et en aucun cas des responsables politiques ne sauraient légitimer une violence au carré », a-t-il indiqué, s’en prenant aux responsables politiques présents à ces blocages, notamment issus de La France insoumise.
🇫🇷 Une élève est traînée au sol par un policier au lycée Jean Monnet de Montpellier pic.twitter.com/MHdvQIZG3G
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Y réagissant, le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon a publié un message sur X, dans lequel il a écrit que les insoumis appellent à la non-violence des méthodes de lutte.
« Les lycéens mobilisés, lorsqu’ils ont la parole, sont clairs sur leurs revendications : plus de moyens pour leur éducation », a souligné le candidat à la présidentielle. « Macron et le mouvement lycéen : c’est la faute aux insoumis », a aussi ironisé Jean-Luc Mélenchon dans un autre message, accusant Macron d’approuver « les violences policières qu’il a ordonnées contre les jeunes ».
Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a qualifié sur X les déclarations du président français de « grotesques » : « Les insoumis sont partisans de la non-violence comme ils l’ont toujours défendue. Leurs élus ne sont pas devant les lycées pour exciter, mais pour soutenir et relayer des revendications légitimes ».