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« Pourquoi le monde brûle-t-il le drapeau US ? » : le CGRI s’adresse aux Américains

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le porte-parole du CGRI, le général de brigade Hossein Mohebbi, s’exprime lors d’une conférence de presse, le 29 septembre 2026. ©Nour News

Le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a exhorté les Américains à s’interroger pourquoi le drapeau de leur pays est brûlé ou piétiné dans d’autres parties du monde, affirmant que des décennies de guerres américaines et de soutien à Israël ont engendré une haine et une hostilité généralisées à l’égard de Washington.

Lors d’une conférence de presse devant des journalistes étrangers, mardi 29 septembre, consacrée à une lettre du CGRI adressée au peuple américain, le porte-parole du CGRI, le général de brigade Hossein Mohebbi, a déclaré que les interventions militaires américaines n’avaient apporté ni sécurité ni prospérité aux Américains.

« Pourquoi les populations de différents pays piétinent-elles votre drapeau ou y mettent-elles le feu ? Pourquoi votre président n’ose-t-il pas se rendre dans de nombreux pays, et pourquoi fait-il face à des manifestations même lorsqu’il voyage à l’étranger sous haute protection ? » s’est-il interrogé en s’adressant au peuple américain.

« La raison en est la haine ressentie par les populations face aux massacres qu’elles attribuent au président américain et au système du pouvoir aux États-Unis. L’armée américaine sème des atrocités et récolte la haine. Les populations du monde entier sont conscientes des agissements des dirigeants américains et voient que la traînée de morts laissée par les États-Unis dans différents pays ne cesse d’accroître », a-t-il expliqué, s’interrogeant encore : « Le peuple américain ne devrait-il pas réfléchir aux causes de cette situation ? »

Ces guerres, a-t-il poursuivi, avaient au contraire engendré une dette croissante, une hostilité envers les États-Unis et des risques accrus pour les Américains à l’étranger.

« Le peuple américain ne veut-il pas savoir pourquoi son pays est en déclin ? Dans cette lettre, nous avons exposé les raisons de cette tendance ainsi que les mesures que les Américains peuvent prendre pour y remédier », a déclaré le haut responsable du CGRI.

Le général Mohebbi a décrit cette lettre de 25 pages comme une initiative sérieuse et détaillée visant à communiquer directement avec les Américains, plutôt que comme une démarche médiatique ; il a ajouté que l’Iran, ne disposant pas des vastes réseaux de télévision et de radio dont profitent les États-Unis, a donc choisi la lettre comme moyen de communication avec les citoyens américains.

Il a appelé les journalistes étrangers à contribuer à faire connaître le contenu de la lettre au public américain.

Le général Mohebbi a remis en question l’ampleur de la présence militaire américaine à l’étranger. En raison de l’isolement géographique de l’Amérique et des capacités militaires limitées de ses voisins, les États-Unis maintiennent quelque 800 bases militaires à travers le monde et un budget militaire de 1 100 milliards de dollars, a-t-il déclaré, soulignant que ces dépenses profitent principalement aux grands fabricants d’armes et aux intérêts des plus fortunés.

Le général Mohebbi a par ailleurs indiqué que la puissance militaire américaine n’avait pas permis d’obtenir des résultats décisifs dans les conflits impliquant l’Afghanistan, le Yémen et l’Iran ; il a insisté sur le fait que la lettre exposait les raisons de ces échecs et a exhorté les Américains à y prêter attention.

Abordant la situation intérieure des États-Unis, il s’est interrogé sur les raisons pour lesquelles un pays comme les États-Unis — doté d’abondantes terres agricoles, d’eau, d’énergie, de ressources minérales et d’un accès aux talents internationaux — continue de connaître une pauvreté généralisée et le sans-abrisme. Il a critiqué le système de santé américain et a demandé qui, en fin de compte, tire profit de l’immense commerce des armes et des guerres financées par les contribuables américains.

Concernant la bande de Gaza assiégée, le général Mohebbi a vivement critiqué Washington pour avoir rendu possible la campagne militaire d’Israël en fournissant des armes et un soutien politique au régime sioniste, affirmant que l’argent consacré à la guerre pourrait au contraire servir à la reconstruction et à la lutte contre la pauvreté.

Une telle politique aurait valu aux États-Unis la bienveillance de la communauté internationale plutôt que l’hostilité, a-t-il ajouté.

Ailleurs dans ses propos, le général Mohebbi a rejeté l’idée selon laquelle le slogan du CGRI « À bat l’Amérique » traduirait une hostilité envers le peuple américain, au contraire, le slogan visait les politiques américaines d’agression, d’assassinat et d’exploitation.

Il a enfin appelé les Américains à demander à leur gouvernement pourquoi celui-ci a désigné le CGRI comme organisation terroriste, soulignant que la lettre expose l’histoire du CGRI ainsi que les services qu’il a rendus en Iran et dans la région.

Le haut responsable du CGRI a dénoncé les administrations américaines successives pour avoir induit le public américain en erreur au sujet des guerres à l’étranger, citant l’invasion de l’Irak en 2003, la guerre en Afghanistan et les allégations de Washington en matière du programme nucléaire iranien.

Il s’est interrogé sur les raisons du retrait des États-Unis de l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran — connu sous le nom du Plan global d’action commun (PGAC) — alors que Washington prétendait que cet accord visait à empêcher l’Iran de se doter de l’« arme nucléaire ».

« Le grand mensonge du siècle »

« Il y a environ 25 ans, le président américain de l’époque annonçait que l’Iran n’était qu’à quelques semaines de l’acquisition de l’arme nucléaire. Je pose la question au peuple américain : ces quelques semaines ne se sont-elles pas écoulées au cours des 25 dernières années ? » s’est-il interrogé, qualifiant de « grand mensonge du siècle » l’allégation de Washington selon laquelle l’Iran cherche à se doter de l’arme nucléaire.

Le général Mohebbi a également remis en question les propos contradictoires des États-Unis sur les capacités nucléaires de l’Iran, s’interrogeant pourquoi Washington continuerait à soulever cette question si ces capacités avaient déjà été détruites, comme l’avait précédemment prétendu le président américain Donald Trump.

Il a soutenu que l’objectif sous-jacent n’était pas la question de la prolifération des armes nucléaires, mais l’exercice de pressions sur l’Iran et l’accès à ses ressources nationales.

« Leur préoccupation n’est pas l’arme nucléaire ; il s’agit du pillage des richesses nationales de l’Iran, de la désintégration du pays et du retour de l’Iran à une position de dépendance à leur égard. Ils savent que l’Iran ne cherche pas à obtenir l’arme nucléaire. Le Leader martyr de la Révolution islamique, l’Ayatollah Seyyed Ali Khamenei, avait déclaré que leur production était religieusement interdite et l’Iran, en tant que partie au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), a des obligations à cet égard », a-t-il souligné.

Le général Mohebbi a estimé que de nombreux Américains ignoraient ces questions et percevraient les politiques américaines différemment s’ils avaient accès aux « faits ».

Il a ajouté que les Américains ayant lu la lettre, mais demeurant encore sceptiques, étaient invités à soumettre leurs questions au CGRI. Il a même proposé d’organiser des visites dans le détroit d’Ormuz, tous frais payés, pour ceux qui souhaiteraient vérifier par eux-mêmes les affirmations de l’Iran.

Selon le général Mohebbi, cette lettre n’a pas été écrite dans le but d’influencer les élections américaines, mais de porter les faits à la connaissance du public.

« À cet égard, le peuple américain peut être divisé en trois groupes. Le premier se compose d’intellectuels et d’esprits libres qui s’opposent indubitablement à ces politiques et à ces actions du gouvernement américain. Le deuxième comprend ceux qui tirent profit de ces tensions et des positions adoptées par le président américain, tout en poursuivant leurs propres intérêts. Le troisième groupe réunit des personnes qui ignorent les faits et dont l’adhésion ou l’opposition ne peut être évaluée, puisque leur position dépend de l’étendue de leur accès aux faits et aux informations. », a-t-il noté.

La lettre de 25 pages a été remise à des journalistes étrangers à l’issue de la conférence ; le général Mohebbi les a exhortés à la faire connaître au peuple américain, en particulier aux jeunes et aux intellectuels.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV