Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que la République islamique d’Iran était tout à fait prête face à une reprise éventuelle de la guerre avec les États-Unis tout en gardant la porte ouverte à la diplomatie.
Dans une interview accordée dimanche 27 septembre à NBC News, M. Araghchi a affirmé que l’Iran restait « ferme face à toute nouvelle agression, même si cela devait mener à une guerre apocalyptique ».
« Parallèlement, nous sommes prêts pour la diplomatie. Il appartient au président [américain] Trump de choisir. »
M. Araghchi a tenu ces propos alors qu’il était interrogé sur un article du Wall Street Journal selon lequel le président américain Donald Trump pourrait envisager de reprendre les bombardements contre l’Iran après les élections de mi-mandat aux États-Unis.
Le ministre iranien des Affaires étrangères a indiqué que la délégation iranienne avait exploré toutes les voies diplomatiques — lors de réunions et d’entretiens en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York cette semaine — pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Toutefois, les « messages » du président Donald Trump ont été « contradictoires », selon M. Araghchi.
Samedi, Trump a déclaré avoir rejeté la proposition de l’Iran. Néanmoins, M. Araghchi a précisé à NBC News que, malgré les annonces publiques de Trump, ce refus n’avait pas encore été officiellement communiqué à Téhéran par l’intermédiaire de médiateurs.
Il a réaffirmé que l’Iran était prêt à rouvrir le détroit d’Ormuz dans le cadre d’un accord visant à mettre fin au conflit, soulignant que Téhéran exigeait le déblocage de ses fonds et avoirs gelés ainsi que la possibilité de vendre son pétrole.
Le chef de la diplomatie iranienne a précisé que ces conditions n’étaient « pas nouvelles » et qu’elles s’inscrivaient déjà dans le cadre d’engagements américains antérieurs, faisant référence au mémorandum d’entente signé par les deux pays en juin, lequel prévoyait un cessez-le-feu temporaire.
Cet accord, négocié sous l’égide du Pakistan, a volé en éclats en quelques jours, après que les États-Unis ont refusé de respecter les engagements qui en découlaient.
« Si vous nous demandez notre avis, il n’y a aucune raison de reprendre les négociations diplomatiques », a déclaré M. Araghchi, avant d’ajouter : « Toutefois, je continue de garder la voie diplomatique ouverte, car j’estime qu’il ne faut laisser passer aucune occasion de parvenir à la paix. »
« Les élections de mi-mandat aux États-Unis nous importent peu », a ajouté le ministre iranien des Affaires étrangères, précisant : « Ce qui compte pour nous, ce sont nos intérêts nationaux. »
Trump a menacé d’« anéantir » l’Iran si aucun accord n’est conclu, tout en disant qu’il s’attendait à un accord après les élections de mi-mandat américaines.
M. Araghchi avait précédemment souligné qu’il n’existait d’autre issue qu’un règlement négocié, fondé sur la dignité et la justice, et garantissant les droits légitimes ainsi que les exigences du peuple iranien.
Il a affirmé que l’Iran avait déjà démontré sa puissance au monde entier, tant sur les plans militaire, diplomatique et économique que dans sa capacité à résister aux sanctions.