« Personne ne peut accuser la République islamique d’Iran de ne pas avoir tenté la voie diplomatique pour rouvrir le détroit d’Ormuz », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.
S’adressant samedi 26 septembre à des journalistes iraniens à New York, M. Araghchi a expliqué que l’objectif principal de ses réunions, ainsi que de celles du président Massoud Pezeshkian, en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies, était de présenter et de défendre les conditions posées par l’Iran pour la réouverture de cette voie maritime stratégique.
« Téhéran s’est engagé à présenter clairement les conditions fixées par le Conseil suprême de la sécurité nationale iranien et à en défendre la logique », a-t-il noté.
L’Iran a présenté plusieurs propositions lors des réunions et entretiens, lesquelles ont été transmises à Washington par l'intermédiaire de médiateurs, a-t-il ajouté.
Le ministre iranien des Affaires étrangères a toutefois relevé que « les messages du président américain Donald Trump ont été contradictoires », affirmant que l’Iran prendrait sa décision après avoir reçu une réponse claire par l’intermédiaire des médiateurs.
Interrogé par un journaliste sur les perspectives d’avenir au regard des propositions et initiatives iraniennes et de la position persistante du président américain Donald Trump, M. Araghchi a déclaré : « La perspective est claire pour le peuple iranien. Notre peuple a démontré sa puissance au monde entier dans les domaines militaire, diplomatique et économique, ainsi que dans sa résistance face aux sanctions. »
« Il n’existe pas d’autre voie qu’une solution négociée fondée sur la dignité et la justice, garantissant les droits et les revendications légitimes du peuple iranien », a-t-il ajouté.
Lors d’une rencontre samedi 26 septembre à New York avec Khalil Rahman, président de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le ministre iranien des Affaires étrangères a affirmé que le rétablissement de la confiance dans l’ONU passait par la fin de l’impunité dont bénéficient les auteurs et les commanditaires de graves crimes internationaux, notamment l’agression, le génocide et les crimes de guerre commis par le régime israélien.
Selon Abbas Araghchi, répondre à l’appel à « rétablir la confiance dans les Nations unies » implique de s’attaquer aux violations flagrantes des principes fondamentaux consacrés par la Charte de l’ONU.
Il a notamment insisté sur le respect de la souveraineté nationale des États et l’interdiction du recours à la force, deux principes consacrés par l’article 2 de la Charte des Nations unies.
M. Araghchi a également appelé à empêcher l’instrumentalisation du Conseil de sécurité de l’ONU.
Le ministre des Affaires étrangères a ensuite évoqué l’agression militaire menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui avait débuté le 28 février en pleine négociation nucléaire avec Washington, déplorant que les violations à l’encontre de la République islamique d'Iran se soient poursuivies sous diverses formes.
Ces mesures, précise-t-il, comprennent un blocus naval illégal et des sanctions économiques supplémentaires imposées par Washington, une campagne qui n’a « d’autre justification que la coercition et l’intimidation ».
M. Araghchi a affirmé que l’insécurité qui règne actuellement dans le détroit d’Ormuz est le résultat de « ces actions agressives et interventionnistes ».
L’Iran a fermé ce point de passage stratégique après le lancement de l’agression, en représailles à l’utilisation de cette voie maritime par les États-Unis et leurs alliés pour faciliter des attaques contre le territoire iranien.
En juin, la République islamique d’Iran et les États-Unis s’étaient mis d’accord sur une période de réouverture de 60 jours dans le cadre d’un mémorandum d’entente négocié par le Pakistan, mais les violations américaines ont poussé Téhéran à rétablir la fermeture.