Le représentant iranien auprès des Nations Unies a vivement condamné le discours du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu devant l’Assemblée générale de l’ONU, déclarant qu’il avait utilisé cette instance mondiale comme tribune pour justifier l’agression militaire d’Israël contre la bande de Gaza et au-delà.
Nasser Asadi, troisième conseiller à la Mission permanente de l’Iran auprès de l’ONU, a tenu ces propos jeudi, lors du troisième jour du débat général annuel de l’Assemblée générale.
« Cette organisation a été fondée pour préserver les générations futures du fléau de la guerre. Pourtant, aujourd’hui, le principal architecte de ce même fléau, le tristement célèbre Premier ministre du régime israélien, s’est adressé à cette Assemblée », a déclaré Asadi, qualifiant l’intervention de Netanyahu d’« ultime déshonneur pour cette institution ».
« C’est l’insulte suprême à toutes les valeurs nobles telles que la justice, l’égalité, la dignité et la valeur de la personne humaine, inscrites dans la Charte de cette Organisation », a-t-il ajouté.
« C’est le plus grand affront aux principes de l’humanité et à la conscience humaine. C’est une profonde trahison envers l’objectif et les principes de cette Organisation. L’ONU a été fondée pour préserver la paix et faire respecter la justice, et non pour servir de tribune aux criminels de guerre. »
Il a déclaré qu’Israël violait les principes inscrits dans la Charte des Nations Unies, ajoutant que la présence de Netanyahu à la tribune était en contradiction flagrante avec l’engagement déclaré de l’organisation en faveur de la paix, de la justice et de la dignité humaine.
Faisant référence aux procédures judiciaires internationales impliquant Israël et Netanyahu, Asadi s’est interrogé sur la légitimité d’une personne faisant l’objet d’accusations devant des tribunaux internationaux à s’exprimer devant l’Assemblée générale.
« Sa place est-elle à cette tribune pour justifier ses crimes, ou sur le banc des accusés pour répondre de génocide ? » a-t-il demandé.
Asadi a souligné l’ampleur des destructions à Gaza, affirmant qu’Israël avait largué plus de 200 000 tonnes d’explosifs sur le territoire en moins de deux ans, soit l’équivalent, selon lui, de l’énergie d’environ 13 bombes nucléaires de type Hiroshima.
Il a également cité des chiffres concernant les victimes palestiniennes, faisant état de près de 75 000 morts et environ 157 000 blessés. Il a souligné que ces chiffres étaient basés sur des enquêtes internationales et des procédures judiciaires.
« Ces données ne sont pas des revendications iraniennes », a déclaré Asadi. « Ce sont des conclusions judiciaires et des enquêtes juridiques internationales documentées. »
L’envoyé iranien a évoqué les procédures devant la Cour internationale de Justice (CIJ) et les conclusions des enquêteurs de l’ONU, affirmant qu’elles soulignaient la gravité des crimes israéliens.
Il s’est également interrogé sur les raisons pour lesquelles Netanyahu a été autorisé à s’adresser à l’Assemblée générale alors que les dirigeants palestiniens se sont vu imposer des restrictions de parole en raison de l’obstruction américaine.
Asadi a également plaidé pour que l’article 6 de la Charte des Nations Unies soit pris en considération, qui prévoit la possibilité d’expulser un membre qui viole de manière persistante les principes de la Charte.
« Ses paroles n’effacent pas ses actes, n’annulent pas les décisions et ordonnances des tribunaux, ne blanchissent son casier judiciaire », a déclaré Asadi.
L’envoyé iranien a déclaré qu’Israël était responsable d’occupation, d’agression, d’apartheid, de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide, fustigeant Netanyahu et le régime israélien pour avoir recouru à la tromperie et à la désinformation, afin de se faire passer pour victimes.
Asadi a également déclaré qu’Israël poursuivait l’objectif d’un « Grand Israël », déclarant que ses actions à Gaza, au Liban et ailleurs en Asie de l’Ouest reflétaient un schéma plus large d’agression régionale.
« L’objectif illusoire du régime israélien est d’établir le projet du soi-disant Grand Israël », a-t-il déclaré.
Les propos d’Asadi ont réaffirmé l’opposition de longue date de l’Iran à l’occupation et à l’agression militaire israéliennes, ainsi que la condamnation par Téhéran des offensives dévastatrices du régime israélien à Gaza, au Liban et ailleurs dans la région.