L’armée américaine a confirmé la mort de quatre personnes dans une frappe menée contre un bateau soupçonné de trafic de drogue dans les eaux de la mer des Caraïbes.
Dans un communiqué publié samedi, le Pentagone a indiqué que l’attaque avait ciblé un bateau soupçonné de transporter des stupéfiants d’Amérique latine vers les États-Unis via la mer des Caraïbes.
Cette opération s’inscrit dans le cadre de la campagne menée par l’administration américaine contre les soi-disant cartels internationaux de la drogue.
Le Commandement Sud des États-Unis (Southcom) a prétendu que des trafiquants de drogue présumés ont été pris pour cible le long de routes de contrebande connues. Le 25 août, la Force opérationnelle interarmées de l’hémisphère occidental avait également attaqué un hors-bord dans les Caraïbes, tuant quatre personnes que le commandement a qualifiées de « narcoterroristes ».
Au moins 231 personnes ont été tuées lors de 69 frappes depuis que l’administration Trump a lancé, il y a environ un an, ses attaques navales dans l’est de l’océan Pacifique et la mer des Caraïbes.
Le Southcom n’a toutefois fourni aucune preuve permettant d’établir que les personnes tuées lors de cette dernière attaque étaient des trafiquants de drogue, ni que le bateau visé transportait des stupéfiants. Le communiqué était accompagné d’une vidéo montrant apparemment la frappe, avec un bateau en mouvement suivi d’une importante explosion.
Cependant, des législateurs et des experts juridiques ont exprimé de sérieux doutes quant à la légalité des frappes américaines visant des personnes soupçonnées de trafic de drogue.
L’an dernier, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, avait qualifié d’« inacceptables » les frappes américaines contre des bateaux soupçonnés de transporter de la drogue depuis l’Amérique du Sud, appelant à leur cessation définitive. Il avait également demandé l’ouverture d’une enquête sur l'affaire.
Plus tôt ce mois-ci, un groupe d'experts des droits de l'homme nommés par les Nations Unies a renouvelé son appel sur ces frappes américaines, alors que cette campagne entrait dans sa première année.
Dans un communiqué, les experts ont estimé que les responsables de violations du droit international, « y compris les chaînes de commandement militaires et civiles », devaient être tenus responsables.
Ils ont rejeté la justification juridique avancée par le gouvernement américain pour ces attaques et appelé à mettre fin aux « exécutions extrajudiciaires » et aux « exécutions illégales ».
« Le droit international n'autorise pas les gouvernements à assassiner purement et simplement des personnes soupçonnées de crimes en mer, de même que la police ne peut pas exécuter sommairement des personnes dans la rue sur le territoire des États-Unis », indique le communiqué.
Les experts de l’ONU ont enfin souligné que les victimes et leurs familles avaient droit à une réparation intégrale, notamment à une indemnisation, ainsi qu’à des garanties destinées à empêcher que de tels actes ne se reproduisent.