L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a recensé plus de 1 000 incursions militaires israéliennes dans le sud de la Syrie depuis la chute du gouvernement de l’ancien président Bachar al-Assad.
Publié samedi 19 septembre, ce bilan met en évidence la persistance de la présence militaire israélienne sur le territoire syrien ainsi que l’intensification du rythme de ces opérations au cours de cette année.
Selon l’organisation basée au Royaume-Uni, l’intensification des incursions israéliennes en territoire syrien s’est accompagnée d’opérations de fouille, d’arrestations, de travaux de défrichage ainsi que de l’installation de fortifications et de positions militaires.
Le rapport de l’OSDH a enregistré un total de 460 incursions israéliennes au cours de l’année 2025. La répartition mensuelle documentée s’établit comme suit : quatre incursions en janvier, 19 en février, 30 en mars, 30 en avril, 30 en mai, 38 en juin, 32 en juillet, 35 en août, 36 en septembre, 40 en octobre, 90 en novembre et 76 en décembre.
Quant à la période comprise entre janvier 2026 et la publication du rapport,19 septembre, l’Observatoire a enregistré un total de 594 incursions israéliennes.
La répartition mensuelle montre la distribution suivante : 51 incursions en janvier, 51 en février, 68 en mars, 62 en avril, 78 en mai, 73 en juin, 64 en juillet, 95 en août et environ 52 en septembre.
Quatorze incursions supplémentaires ont été recensées depuis la chute de l’administration Assad, le 8 décembre 2024, et la fin de ce même mois, portant le nombre total d’incursions israéliennes documentées — de la chute du gouvernement jusqu’au 19 septembre 2026 — à 1 068.
L’agression militaire israélienne a dépassé le stade des incursions terrestres. Depuis le début de l’année 2026, l’OSDH a enregistré 78 frappes israéliennes visant le territoire syrien, comprenant six bombardements aériens et 72 attaques terrestres. Les offensives ont visé des dizaines de sites, notamment des installations de stockage d’armes et de munitions résiduelles, des quartiers généraux administratifs et des centres opérationnels, ainsi que des moyens de transport militaires.
Les raids militaires israéliens se poursuivent dans le sud de la Syrie, en dépit de pourparlers diplomatiques de haut niveau tenus le mois dernier en Jordanie ; ces discussions ont réuni Asaad al-Shaibani, principal représentant diplomatique du régime de Hayat Tahrir al-Cham (HTC), et Roman Gofman, directeur du Mossad, le service d’espionnage israélien.
Selon deux sources bien informées qui se sont confiées à l’AFP, les discussions ont porté sur de multiples sujets, notamment la création d’un « centre d’opérations spéciales » administré par les États-Unis en Jordanie afin de prévenir d’éventuelles confrontations militaires en Syrie, en particulier celles qui pourraient impliquer la Turquie.
Le 18 août, des avions militaires israéliens ont mené huit bombardements aériens visant la piste de la base aérienne militaire d’Abou al-Duhour, dans la province d’Idlib (nord-ouest de la Syrie) ; ces frappes ont causé d’importants dégâts aux infrastructures du site alors qu’une délégation militaire turque s’y trouvait.
Depuis la chute du gouvernement Assad début décembre 2024, l’armée israélienne a multiplié les frappes aériennes sur des installations militaires et des stocks de munitions qui étaient auparavant sous le contrôle des forces armées syriennes.
Israël fait l’objet de vives critiques pour avoir mis fin à l’accord de cessez-le-feu de 1974 avec la Syrie et pour avoir profité de l’instabilité de ce pays en conflit afin d’étendre ses ambitions territoriales.
Les frappes israéliennes ont principalement ciblé les provinces syriennes du sud de Quneitra, Daraa et Damas, ces régions représentant environ 80 % de toutes les attaques israéliennes vérifiées.