Alors qu’Emmanuel Macron a convoqué les chefs de partis politiques ce 18 septembre, sur fond d’envolée des prix des carburants dopée par la guerre d'agression contre l’Iran et les frappes ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes, Michel-Édouard Leclerc a reconnu que « personne » ne s’attendait à une telle situation en France.
« Personne, vraiment, ne croyait qu’on allait atteindre des niveaux de dépenses » pour les carburants « comme aujourd’hui », a déclaré, le 17 septembre sur BFM Business, Michel-Édouard Leclerc, interrogé sur les propos d’Emmanuel Macron, qui a qualifié les prix des carburants de « devenus insupportables ».
« C’est vrai qu’aujourd’hui, ce n’est pas dans la distribution que vous allez trouver la capacité de faire baisser les prix », a poursuivi le patron du groupe E.Leclerc, après avoir taclé la politique de plafonnement des prix de TotalEnergies et rappelé que la crise du détroit d’Ormuz échappait au contrôle du gouvernement français. « Donc, en fait, aujourd’hui, ça nous échappe complètement », a-t-il conclu.
Le prix moyen en France d’un litre de gazole a dépassé ce vendredi 2,39 euros, un nouveau plus haut alors que la hausse des prix des carburants alimente des appels à manifester.
Cette moyenne, calculée par l’AFP à partir des prix affichés jeudi pour plus de 9.000 stations-service sur le site Prix-carburants.gouv.fr du ministère de l’Economie, dépasse ainsi son pic d’avril 2026, d’un peu plus de 2,38 euros.
Plus de 700 stations affichent vendredi un gazole à plus de 2,5 euros, dont quelque 70 proposent un tarif supérieur à 2,7 euros. Plus d’une centaine disent vendre un litre de E10 à 2,4 euros ou plus.
La flambée n’épargne pas les autres pays européens. En Suisse, le diesel a battu un record historique, a relayé ce 18 septembre la presse helvétique qui — contrairement à une partie des médias français — n’hésite pas à pointer du doigt les attaques ukrainiennes menées contre les installations pétrolières russes ces dernières semaines.
La perspective d’une nouvelle hausse durable des prix à la pompe fait redouter à la classe politico-médiatique française une résurgence du mouvement des Gilets jaunes.