Amazon Web Services (AWS) affirme que les frappes de représailles iraniennes menées lors de l'agression américano-israéliennes ont rendu irrémédiablement inaccessibles son centre de données à Bahreïn et l'une de ses trois zones d'hébergement de données aux Émirats arabes unis (EAU), selon un rapport.
« Les dégâts subis par notre infrastructure ont touché plusieurs zones de disponibilité et ont dépassé les capacités de résistance de nos services régionaux et multi-AZ », a indiqué AWS dans un communiqué consulté par Reuters mardi.
Une zone de disponibilité désigne un ensemble d'un ou plusieurs centres de données situés dans la même région géographique, permettant à AWS de maintenir ses services lorsqu'un seul centre de données est hors service.
Ces pannes remontent au mois de mars, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des attaques contre l'Iran, provoquant la riposte de Téhéran par des frappes de missiles et de drones contre Israël et les bases militaires américaines dans la région.
AWS avait alors confirmé que deux de ses installations aux Émirats arabes unis avaient été directement touchées, tandis qu'une frappe de drone près de l'un de ses sites à Bahreïn avait détruit l'infrastructure.
La plupart des clients basés à Bahreïn avaient transféré leurs charges de travail vers d'autres plateformes sur les conseils d'AWS avant que la région ne soit privée de service en avril, mais l'entreprise a désormais épuisé toutes ses options pour récupérer les données restantes.
Cette destruction soulève des questions quant à la résilience des infrastructures de cloud computing et d'IA en pleine expansion dans la région du golfe Persique, de plus en plus exposées aux conséquences des politiques régionales militarisées de Washington et du régime de Tel-Aviv.
Selon un rapport de Cradle, les Émirats arabes unis revoient déjà leurs plans pour un important projet de centre de données dédié à l'IA, envisageant une construction décentralisée, des installations souterraines et résistantes aux explosions, et même des systèmes de défense antiaérienne pour les centres de données.
En savoir plus: L’Iran lance une opération de représailles visant la base aérienne américaine Ali Al-Salem au Koweït.
Cette vulnérabilité croissante des infrastructures survient alors que les États-Unis et Israël ont transformé les systèmes d'intelligence artificielle et de cloud computing en instruments de guerre à travers l’Asie de l’Ouest, notamment à Gaza et en Iran.
Les plateformes cloud, les centres de données et les systèmes informatiques à haute capacité sont utilisés pour stocker les renseignements, traiter les communications interceptées, analyser la surveillance et soutenir les opérations militaires.
L'Iran affirme que les centres de données exploités par des entreprises technologiques américaines ne sont pas de simples installations civiles, mais des atouts stratégiques soutenant l'agression américaine et israélienne.
Israël a déployé des systèmes d'intelligence artificielle, tels que Gospel et Lavender, pour traiter des masses de données, générer des recommandations de ciblage et appuyer son agression militaire contre les Palestiniens à Gaza. Depuis le 7 octobre 2023, plus de 73 000 personnes ont été massacré et quelque 173 000 blessées dans des frappes israéliennes à Gaza.
Une infrastructure d'entreprise liée à Microsoft Azure servirait également au stockage des communications palestiniennes interceptées, tandis qu'Israël utilise la surveillance par drones pilotée par l'IA pour suivre et cibler les Palestiniens.
De même, les États-Unis ont déployé des systèmes de guerre algorithmique, comme Maven de Palantir, pour traiter les renseignements satellitaires, de drones et radars et accélérer la production de recommandations de ciblage contre l'Iran.
Plus de 1 000 cibles auraient été désignées dans les 24 heures suivant le début de la guerre d'agression israélo-américaine contre l'Iran. Une frappe, notamment à l'école primaire Shajareh Tayyebeh, dans le sud de l'Iran, a tué 168 civils, dont 120 écoliers.