Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, le général de division Mohsen Rezaï, a déclaré que les signaux contradictoires envoyés par le président américain ne devaient détourner l’attention de personne des nouvelles réalités concernant le pétrole et les détroits. Il a ajouté qu’aucune négociation n’aurait lieu tant que les conditions posées par Téhéran ne seraient pas remplies.
Dans un message publié lundi soir sur son compte officiel sur X, le général Rezaï a écrit : « Ne vous laissez pas distraire par les signaux contradictoires du président américain, qui passe de “pas de négociations” à “nous sommes prêts à discuter”. Les enjeux liés au pétrole et aux détroits ont changé. Les mesures visant à limiter les dégâts n’empêcheront pas ce qui se prépare. »
« Aucune négociation tant que les conditions de l’Iran ne seront pas remplies. Un point, c’est tout ! », a-t-il ponctué.
Cette mise en garde est intervenue quelques heures après que le président américain Donald Trump a écrit sur Truth Social que « l’Iran veut conclure un accord, rapidement et à tout prix », tout en affirmant qu’il « déciderait si les États-Unis choisissent ou non de s’engager », ajoutant que « le principe [d’un engagement] est quelque chose auquel nous sommes ouverts ».
Ce message contredisait les déclarations antérieures de Trump. En août, ce dernier avait écrit qu’« aucun entretien ni aucune discussion n’est en cours ou prévu avec la République islamique d’Iran », tout en affirmant que le blocus naval restait en vigueur et en prétendant, à tort, que le détroit d’Ormuz était « ouvert et opérationnel ».
Le même jour, son gendre, Jared Kushner, avait déclaré que les échanges avec l’Iran étaient « probablement plus intenses qu’ils ne l’ont jamais été ».
Donald Trump a également alterné entre la menace de « garder le pétrole comme au Venezuela », l’allégation selon laquelle l’Iran « appelle constamment » à des négociations et la promesse que la guerre prendra fin après les élections de mi-mandat américaines.
Les responsables iraniens ont rejeté ces déclarations, les qualifiant de propagande et de tentative de dissimuler l’échec de Washington à imposer sa volonté dans le golfe Persique.
Le général Rezaï, ancien commandant du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI), a affirmé à plusieurs reprises que cette voie maritime restait fermée et sous contrôle iranien.
Il a déclaré que tout changement dépendrait de la fin de la guerre et du blocus par les États-Unis, du dégel des avoirs iraniens ainsi que de l’instauration d’un cessez-le-feu à l’échelle régionale, notamment au Liban et à Gaza.
Pour Téhéran, une diplomatie dépourvue de garanties constitue un piège. Après que Washington s’est retiré de ses engagements dans le cadre du mémorandum d’entente d’Islamabad, les autorités iraniennes ont affirmé que la confiance devait être rétablie par des actes, et non par des slogans contradictoires émanant de la Maison-Blanche.
Tant que ces conditions ne seront pas pleinement remplies, a déclaré le général Rezaï, toute négociation est exclue et les déclarations visant à limiter les dégâts ne pourront inverser le changement intervenu dans l’équilibre énergétique et maritime.