Une enquête judiciaire pour « violences volontaires » a été ouverte contre un fonctionnaire de la police nationale à Carcassonne, dans le sud de la France, après la diffusion d’une vidéo le montrant projeter violemment au sol un jeune sans-abri, décédé treize jours plus tard, a annoncé lundi le parquet de Carcassonne, cité par les médias français.
« Dès qu’il a eu connaissance de cette vidéo, le parquet de Carcassonne a saisi le dimanche 13 septembre 2026 l’antenne de Marseille de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) d’une enquête judiciaire du chef de violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique », a indiqué la procureure de la République dans un communiqué.
Les faits remontent au 21 juin, soir de la Fête de la musique. Selon le parquet, les agents intervenaient dans le cadre d’une patrouille conjointe de la police nationale et de la police municipale auprès d’un groupe de personnes alcoolisées. « L’intervention était liée à des nuisances sonores réitérées », a précisé la procureure.
Sur la vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, un policier national est vu projetant violemment au sol le jeune homme, qui reste ensuite à terre en se tenant la tête. Selon le journal français d’investigation Mediapart, le jeune homme, sans domicile fixe, était âgé de 29 ans.
Une enquête administrative est également en cours afin de déterminer si l’usage de la force lors de cette intervention était nécessaire et proportionné.
Le parquet souligne toutefois qu’« à ce jour, en l’état des investigations, il n’existe aucun lien de causalité entre les faits filmés et le décès survenu 13 jours après ».
L’eurodéputée de La France insoumise (LFI) Manon Aubry a réagi lundi sur la plateforme de réseaux sociaux X, qualifiant d’« extrêmement graves » les nouveaux éléments révélés sur la mort du jeune qui serait Youssef E.
Soulignant que Youssef E. était mort une dizaine de jours plus tard, Manon Aubry a estimé qu’« au vu de ces éléments, toute la lumière doit être faite sur les circonstances de sa mort ».
Le député LFI Thomas Portes a également réagi à la diffusion de la vidéo sur X : « Après les propos racistes, les violences policières. À Carcassonne la police est hors de contrôle ! »