Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères souligne que le détroit d’Ormuz reste entièrement sous le contrôle de l’Iran, accusant les États-Unis d’être responsables de l’insécurité maritime dans la région et de la hausse des prix mondiaux du carburant.
« L’insécurité dans le détroit d’Ormuz est le résultat des actions des États-Unis. Si la communauté internationale s’inquiète de la hausse des prix du carburant, elle devrait réprimander les États-Unis », a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaïl Baghaï lors d’une interview télévisée vendredi.
L’Iran a fermé le détroit d’Ormuz après le lancement, le 28 février, de la dernière vague d’agression américano-israélienne, non-provoquée contre le pays.
M. Baghaï a rappelé que le détroit était totalement ouvert avant le 28 février, mais que l’Iran avait ensuite pris des mesures pour sauvegarder sa sécurité nationale.
« Dans ces circonstances, nous sommes en droit de prendre des mesures pour protéger la sécurité du pays », a-t-il fait remarquer.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne a souligné que la voie maritime était devenue « un peu plus sûre » à la suite du mémorandum d'entente conclu à Islamabad, ajoutant que l’Iran avait respecté ses engagements après cet accord, tandis que les États-Unis avaient violé les leurs 23 jours plus tard.
« Leurs prétextes [pour avoir commis ces violations] n’avaient aucun fondement », a-t-il entériné.
L’Iran qualifie de « réussite diplomatique » la prochaine réunion ministérielle des pays du littoral du golfe Persique
M. Baghaï a par ailleurs évoqué une réunion prévue entre les ministres des Affaires étrangères des États du littoral du golfe Persique, qui doit se tenir au Sultanat d’Oman. Le détroit d’Ormuz devrait figurer parmi les sujets qui y seront abordés.
Selon M. Baghaï, l’Iran et le Sultanat d’Oman devraient expliquer le processus et les résultats des consultations menées entre les deux pays concernant le transit par cette voie maritime.
« Il est important que votre diplomatie parvienne à convaincre les pays que nous devrions nous asseoir ensemble et discuter, notamment sans la présence de pays extra-régionaux ni d’autres acteurs », a-t-il précisé. Et de poursuivre : « Il s’agit d’une réussite diplomatique ».
« Il est temps de s’orienter vers une sécurité régionale endogène »
« Tout le monde a compris que la présence des États-Unis dans la région n’apporte pas la sécurité », a réitéré M. Baghaï.
Le diplomate a affirmé que l’Iran restait attaché à des relations de bon voisinage avec les pays de la région et leur avait demandé de ne pas permettre que leur territoire soit utilisé pour mener des attaques contre le territoire iranien.
« Le moment est venu de parler d’une sécurité endogène », a-t-il affirmé. « Je ne dis pas que la présence militaire étrangère dans la région prendra fin dès demain, mais nous devons assurer nous-mêmes la sécurité de la région, et il est urgent d'agir ».
« L’Arabie saoudite et le Japon devront rendre des comptes pour avoir soutenu la résolution anti-iranienne »
M. Baghaï a également évoqué la résolution récemment adoptée contre l’Iran par le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui reproche à la République islamique d’Iran son refus d’autoriser l’accès aux sites nucléaires visés lors de l’agression américano-israélienne.
« N’ont-ils pas réfléchi à la manière dont l’Iran est censé assurer l’accès aux sites attaqués alors que nous-mêmes sommes attaqués ? » s’est-il interrogé.
Selon le diplomate, cette résolution témoigne de la confusion de ses auteurs.
M. Baghaï a par ailleurs évoqué les noms de l’Arabie saoudite et du Japon pour avoir soutenu cette résolution.
« Il n’existe absolument aucune justification au fait que l’Arabie saoudite et le Japon aient voté pour cette résolution », a-t-il insisté. « Ces pays sont responsables des conséquences de cette décision et nous leur demanderons des comptes. »
« L’Iran a eu recours à la diplomatie pour repousser les agresseurs »
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a rappelé que l’Iran se trouvait toujours en état de guerre, citant les sanctions, le blocus naval illégal ainsi que les autres formes de pression exercées contre le pays.
Il a toutefois rejeté l’idée selon laquelle l'Iran ait échoué dans sa démarche diplomatique avant de poursuivre : « Personne ne peut accuser l’Iran de ne pas avoir recouru à la diplomatie pour repousser les agresseurs. »
« La diplomatie n’est pas distincte du champ de bataille. De même que le champ de bataille est actif dans la défense du pays, les activités du ministère des Affaires étrangères se multiplient considérablement », a-t-il fait savoir.
Le responsable a évoqué les dommages subis par l’Iran lors de l’agression étrangère, tout en soulignant : « L’Iran est aujourd’hui blessé, mais il est fier. »
« À l’époque moderne, l’Iran n’a jamais été aussi puissant, et sa force repose sur la détermination du peuple iranien », s’est-il félicité.
Les relations sino-iraniennes
M. Baghaï a indiqué que Téhéran était déterminé à approfondir sa coopération avec Pékin.
« Les relations entre l’Iran et la Chine n’ont cessé de se développer », a-t-il dit.
« Nous sommes déterminés à élargir nos relations aussi bien au niveau bilatéral que multilatéral », a-t-il rajouté. Et de conclure :« Les dirigeants des deux pays sont déterminés à ce que le partenariat stratégique contribue au renforcement des relations bilatérales. Nous sommes déterminés à poursuivre sur cette voie. »