L’Iran a déclaré que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) est confrontée à une crise de crédibilité à la suite de son inaction face aux frappes américaines et israéliennes contre les installations nucléaires iraniennes protégées.
S’exprimant ce mardi 8 septembre devant le Conseil des gouverneurs de l’AIEA à Vienne, la délégation iranienne a déclaré que l’AIEA ne pouvait aborder la question de la sécurité nucléaire de manière crédible tout en gardant le silence sur les attaques perpétrées contre des installations fonctionnant sous le régime des garanties internationales.
« Quel sens peut avoir la sécurité nucléaire si aucune mesure n’est prise contre les attaques illégales sur des installations nucléaires pacifiques protégées ? », a interrogé la délégation iranienne.
La délégation a souligné la gravité particulière de la situation, les attaques ayant été menées contre un État membre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).
La délégation iranienne a par ailleurs reproché au Conseil des gouverneurs de ne pas avoir condamné ces attaques.
« Si l’Agence n’est ni disposée ni capable d’examiner attentivement les implications pour la sécurité nucléaire, sur quelle base les États membres peuvent-ils lui faire confiance ? »
La délégation iranienne a averti que de tels manquements pourraient avoir des conséquences au-delà des frontières de l’Iran et risquent de saper la confiance dans le système international de non-prolifération des armes nucléaires.
La délégation a également exprimé ses préoccupations quant à la protection des informations nucléaires sensibles, qualifiant la confidentialité d’élément essentiel de la sécurité nucléaire.
Des violations antérieures ont entraîné la divulgation d’informations sensibles, a indiqué la délégation, expliquant que ces informations ont ensuite été exploitées pour faciliter des actes de sabotage contre des installations nucléaires protégées.
« La confidentialité constitue un élément essentiel de la sécurité nucléaire », a déclaré la délégation, insistant sur l’obligation légale de l’AIEA de protéger ces informations.
L’AIEA n’a plus accès aux principales installations nucléaires iraniennes depuis juin 2025. À cette époque, en violation flagrante du droit international et du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), Israël, appuyé par les États-Unis, a lancé une guerre de douze jours, au cours de laquelle trois sites nucléaires iraniens ont été bombardés à Fordow, Natanz et Ispahan.
Cette agression a conduit l’Iran à refuser catégoriquement tout accès immédiat des inspecteurs de l’AIEA à ses installations nucléaires et aux matières endommagées.
Téhéran affirme que ces questions ne seront abordées que dans le cadre d’un accord final et après que Washington aura pris des mesures concrètes pour lever toutes les sanctions.
Les installations nucléaires iraniennes ont également été touchées lors de la dernière guerre d’agression israélo-américaine, qui a éclaté le 28 février.
En août, le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Mohammad Eslami, a réaffirmé que l’AIEA ne pouvait formuler une telle demande à moins qu’un protocole spécifique et approuvé pour l’inspection des sites en temps de guerre ne soit établi.