Le ministre iranien du Pétrole, Mohsen Paknejad, a souligné la poursuite des exportations de pétrole brut, la remise en état rapide des installations endommagées ainsi que les efforts déployés pour maintenir la production et l’approvisionnement malgré les attaques américano-israéliennes contre des infrastructures énergétiques essentielles, notamment sur l’île de Kharg, dans le sud iranien.
Dans une interview consacrée au bilan des activités du ministère iranien du Pétrole au cours des deux dernières années, Paknejad a déclaré que le ministère avait poursuivi ses projets de développement tout en gérant les réserves stratégiques du pays, les déséquilibres de production et les difficultés rencontrées dans le champ gazier de Pars-Sud.
« Après la fin de la guerre de 12 jours [en juin 2025], le pays se trouvait dans une situation particulière, mais tout en continuant à gérer la crise, nous avons poursuivi avec détermination nos plans visant à accroître la production de pétrole et de gaz. »
« Heureusement, durant la période qui a suivi la guerre de 12 jours, nous avons obtenu toutes les autorisations nécessaires et mis le projet en service. Jusqu’à présent, nous avons pratiquement atteint une production de 70 000 à 80 000 barils par jour sur une capacité de 250 000 barils par jour », a-t-il précisé.
Le ministre a déclaré que l’industrie pétrolière avait été confrontée à d’importants défis lors de la récente agression américano-israélienne, qui a débuté le 28 février, notamment en raison d’attaques contre des installations de stockage de pétrole et des infrastructures de chargement de pétrole.
« Au cours de cette guerre de 40 jours, l’industrie pétrolière a subi de nouveaux dommages. Le 8 mars, les installations de stockage de pétrole de Téhéran ont de nouveau été attaquées. Outre les principales installations de stockage, les infrastructures de chargement ont également été prises pour cible. Dans le même temps, l’une des installations de stockage de pétrole de la province d’Alborz a été touchée, créant une situation très préoccupante », a déclaré Paknejad.
Il a également rappelé les attaques menées contre quatre raffineries de gaz dans la région d’ Assalouyeh.
Paknejad a déclaré que l’expertise technique disponible au sein de la Compagnie nationale iranienne du gaz et de la Compagnie nationale iranienne du pétrole avait permis à l’industrie de rétablir rapidement une partie de ses capacités perdues.
« Nous avons pu rétablir une partie des capacités perdues en très peu de temps, en l’espace de quelques heures seulement. Une part importante de la capacité de production a désormais été rétablie et le processus se poursuit », a-t-il dit.
Le ministre du Pétrole a indiqué que les installations pétrochimiques de Mahshahr et d’Assalouyeh avaient également été attaquées, notamment les unités fournissant de la vapeur, de l’électricité et de l’azote aux installations de traitement.
« Toutefois, grâce à la coopération avec d’autres organismes gouvernementaux, notamment le ministère de l’Énergie, les plans nécessaires ont été élaborés pendant la guerre lors de réunions conjointes, et la situation a été dans une large mesure maîtrisée », a-t-il expliqué.
Exportations de pétrole brut maintenues malgré le blocus
Paknejad a présenté la poursuite des exportations de pétrole brut pendant l’agression comme l’une des principales réalisations de l’industrie pétrolière.
Lire aussi: Iran : des contrats d’une valeurs de 17 milliards de dollars pour augmenter la pression à Pars Sud
« Un point particulièrement important, que je considère comme l’une des réalisations durables de l’industrie pétrolière iranienne, est la poursuite des exportations dans des conditions de crise. »
Il a ajouté que, pendant les 40 jours de guerre, « nos exportations de pétrole brut n’ont pas été interrompues ne serait-ce qu’une seule heure ».
Plus de 550 frappes ont visé l’île de Kharg
Le ministre a souligné le rôle de l’île de Kharg, principal centre d’exportation pétrolière de l’Iran, pendant les attaques.
« L’île de Kharg, qui couvre une superficie d’environ 23 à 24 kilomètres carrés, a été frappée plus de 550 fois, ce qui constitue un chiffre remarquable. Malgré cela, nos collègues ont continué, avec détermination, à charger les pétroliers, même sous les bombardements. »
Il a ajouté que les exportations de pétrole brut étaient restées stables durant cette période et n’avaient subi aucune restriction sérieuse, tandis que les prix du pétrole avaient également augmenté au cours de cette même période.
Paknejad a également exposé les mesures prises pour surmonter les restrictions maritimes imposées à l’Iran pendant la guerre.
« Dans un premier temps, une ligne a été définie entre Ras al-Hadd et le port pakistanais de Gwadar. Grâce à des mesures d’envergure, nous avons pu lever ce blocus, permettant ainsi la vente et la livraison de pétrole à des clients situés dans des régions très éloignées, à des milliers de kilomètres du golfe Persique et du golfe d’Oman.
« Bien que nous ayons été confrontés à des restrictions concernant le transport du pétrole au-delà de la ligne de blocus, nous avons réussi à tirer parti des possibilités qui s’offraient à nous », a-t-il déclaré.
Le ministre du Pétrole a déclaré que le pays avait également atteint des niveaux records de production de gaz brut dans le secteur amont et accru sa capacité de traitement du pétrole.
« L’une des réalisations les plus marquantes de nos collègues des Compagnies nationales iraniennes du pétrole et du gaz a été d’établir un record de production de gaz brut dans le secteur amont et sur les plateformes pétrolières. »
Il a également souligné que le ministère avait pris des mesures importantes pour accroître sa capacité de traitement du pétrole brut.
Concernant les gisements partagés, le ministre a déclaré que la capacité de production de l’Iran avait considérablement augmenté, dépassant les 300 000 barils.
« Au cours des sept à huit derniers mois, outre le rétablissement des capacités perdues, nous avons poursuivi nos efforts 24 heures sur 24 pour accélérer les projets, notre principal objectif étant d’accroître la production grâce à des projets majeurs », a déclaré Paknejad.
Il a ajouté qu’une autre réalisation majeure avait été la découverte d’environ 17 000 milliards de pieds cubes (TCF) de nouvelles réserves de gaz en place dans les champs de Pazan et de Takht, dans le sud de la province de Fars.
Le ministre a également souligné la fin des importations de diesel comme l’une des principales avancées énergétiques du pays cette année.
« Jusqu’au début de l’année 1404 [mars 2025-mars 2026], le pays importait du diesel, tout comme de l’essence. Cependant, grâce à des mesures techniques prises dans les raffineries et à l’augmentation de l’approvisionnement en matières premières des raffineries, je suis fier d’annoncer que nous n’avons plus importé de diesel depuis plusieurs mois », a-t-il conclu.