Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent a prétendu vendredi que l’Union européenne avait officiellement rejoint la campagne de sanctions contre l’Iran. Cependant, l’Europe n’a pas confirmé une quelconque adhésion formelle, rappelant simplement qu’elle continuait de travailler avec le G7 et ses alliés pour favoriser la désescalade.
Scott Bessent, a prétendu sur la plateforme X que l’Union européenne s’était ralliée à la soi-disant opération « Economic Outcast », un programme illégal de sanctions visant à porter atteinte à l’économie iranienne.
« Nous apprécions leur position ferme et précoce », a écrit le secrétaire au Trésor américain, présentant cette évolution comme la preuve que la pression internationale sur l’Iran s’intensifie.
L’Américain a altéré la vérité, se disant satisfait du soutien européen à leurs machinations contre l’Iran. Et pour appuyer ses dires, il a repris une déclaration de l’Union européenne datée du 31 août, dans laquelle Bruxelles dit « saluer les efforts » visant à ramener Téhéran à la table des négociations par une pression économique.
Pourtant, côté européen, le ton reste plus mesuré. La Commission européenne n’a d’ailleurs jamais confirmé une adhésion formelle à cette initiative américaine.
Euronews rapporte que l’UE a juste annoncé que le bloc « reste prêt à prendre des mesures supplémentaires, si nécessaire, pour sauvegarder sa sécurité et ses intérêts, notamment la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz ».
Lancées fin août, les nouvelles sanctions économiques américaines, dites « Operation Economic Outcast », cherchent à restreindre l’accès de l’Iran aux actifs numériques, aux technologies de pointe, à l’or, à l’aviation commerciale et au transport maritime, et précèdent des sanctions secondaires, c’est-à-dire des sanctions contre les entreprises et les banques étrangères qui continuent de commercer avec l’Iran.
Le Trésor américain a au départ désigné près de 60 entreprises particuliers et navires et a annoncé de nouvelles sanctions chaque semaine, en commençant par les banques. Ainsi, les entreprises européennes impliquées dans le commerce avec l’Iran pourraient se retrouver prises au piège des sanctions américaines.
Selon Euronews le règlement des sanctions de l’Union européenne empêche les entreprises européennes de se conformer aux sanctions américaines contre l’Iran sans l’autorisation de la Commission européenne.
« L’adhésion officielle à l’effort de sanctions signifierait probablement que l’UE adopterait des mesures équivalentes et menacerait les entreprises européennes de sanctions européennes si elles continuaient à commercer avec l’Iran ».
Pour l’heure, Bruxelles ne s’est pas engagée dans une telle décision, car elle nécessiterait un vote unanime des États membres de l’UE et aurait des conséquences directes pour les entreprises de pays comme l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas, qui représentent ensemble environ les deux tiers des échanges commerciaux restants du bloc avec l’Iran après des années de sanctions.