Le président Pezeshkian a déclaré que les États-Unis avaient commencé à formuler des exigences excessives et à violer leurs obligations au titre du mémorandum d’Islamabad moins de deux semaines après sa signature par leur président, Donald Trump.
S’exprimant lors du 26e sommet des chefs d’État de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), mardi, M. Pezeshkian a qualifié les récentes attaques américano-israéliennes contre l’Iran d’« agression contre les principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies et du droit international ».
Les États-Unis et Israël ont lancé leur guerre d’agression illégale contre l’Iran le 28 février, ce qui a entraîné le martyr du Leader de la Révolution islamique, l’Ayatollah Seyyed Ali Khamenei, ainsi que de hauts commandants militaires.
Quarante jours plus tard, le 8 avril, Washington et Tel-Aviv ont été contraints d’accepter un cessez-le-feu face à la résistance iranienne, aux opérations de représailles réussies et à la mainmise de l’Iran sur le détroit d’Ormuz.
M. Pezeshkian a fait remarquer que les États-Unis « ont respecté leurs engagements, inscrits dans le document signé par leur président, pendant moins de deux semaines avant de formuler des exigences excessives et de violer leurs engagements, une attitude qui perdure encore aujourd’hui ».
« La violation par les États-Unis de leurs engagements a suscité une réponse appropriée de la part de l’Iran », a déclaré M. Pezeshkian.
Il a souligné que si les États-Unis revenaient à leurs engagements au titre du mémorandum d’Islamabad, la République islamique d’Iran ferait immédiatement de même.
« Contrairement aux États-Unis, mon pays a toujours respecté ses engagements et accords internationaux et a toujours agi conformément aux principes du droit international », a déclaré le président.
Pezeshkian a également déclaré que la région est confrontée à une série de défis sécuritaires interdépendants, notamment le terrorisme, l’extrémisme violent, le trafic de stupéfiants, la criminalité transnationale organisée et la cybercriminalité, ainsi que de nouvelles menaces à la sécurité.
Il a identifié l’intensification des rivalités géopolitiques, l’unilatéralisme, le recours à la force et à la puissance militaire, les sanctions unilatérales et illégales, et l’instrumentalisation des outils économiques et technologiques comme autant de sources de préoccupation supplémentaires pour les pays en développement et les économies émergentes.
Le président a par ailleurs décrit la sécurité et le développement comme des concepts « interdépendants et indissociables », soulignant la nécessité pour l’OCS de prendre en compte les dimensions sécuritaires et économiques.
Il a proposé trois initiatives économiques : « l’approfondissement de la coopération financière et bancaire et la création d’une banque de l’Organisation de coopération de Shanghai, la création d’une union d’assurance-exportation et d’investissement, et la formation d’un consortium énergétique de l’OCS. »
Abordant les questions de sécurité, Pezeshkian a proposé la création d’un centre d’études stratégiques sur la sécurité au sein de l’organisation.
« La République islamique d’Iran a proposé la création d’un centre d’études stratégiques sur la sécurité au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai », a-t-il déclaré, ajoutant que ce centre pourrait s’appuyer sur les capacités scientifiques et d’expertise des États membres pour identifier les menaces émergentes, évaluer l’évolution de la situation sécuritaire et formuler des recommandations spécialisées en vue de renforcer la sécurité et la stabilité régionales.
M. Pezeshkian a également exprimé la volonté de l’Iran de participer activement et de manière constructive aux efforts visant à renforcer l’organisation et à soutenir les nouvelles initiatives destinées à consolider sa cohésion, son efficacité et sa convergence.
L’OCS se veut un contrepoids contre l’unilatéralisme
Dans la foulée, les chefs d’État de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) ont signé la Déclaration de Bichkek, marquant le 25e anniversaire du bloc régional et témoignant de son influence croissante en tant que contrepoids de taille aux institutions mondiales dominées par l’Occident.
Le sommet, qui s’est tenu dans la capitale kirghize, a réuni des dirigeants de toute l’Eurasie, dont le président russe Vladimir Poutine, le président chinois Xi Jinping, le président iranien, ainsi que les dirigeants de l’Inde, du Pakistan et de la Turquie.
Sur le plan économique, la Déclaration de Bichkek exprime une volonté commune de réformer l’architecture financière internationale.
Les États membres ont formellement condamné le recours à des mesures coercitives unilatérales dans l’économie mondiale, une référence directe à l’utilisation généralisée des sanctions occidentales, tout en plaidant pour un système financier plus équitable et multipolaire, réduisant la dépendance aux monnaies de réserve traditionnelles.
Abordant les cadres de sécurité mondiaux, le document rejette toute instrumentalisation des organisations terroristes et extrémistes à des fins géopolitiques, appelant à mettre fin au deux poids deux mesures dans la lutte internationale contre le terrorisme.
La déclaration clarifie explicitement la position stratégique de l’organisation, soulignant que l’OCS n’est ni un bloc militaire ni un bloc politique et qu’elle n’est conçue contre aucun État tiers ni aucune organisation internationale.
Les accords signés ont également abordé les nouveaux enjeux de sécurité et les récits historiques. Les États membres ont réaffirmé la nécessité de maintenir l’espace extra-atmosphérique exempt d’armes, exhortant la communauté internationale à finaliser un traité juridiquement contraignant afin de prévenir une course aux armements dans l’espace.
En outre, les dirigeants se sont fermement engagés à préserver la mémoire historique de la Seconde Guerre mondiale et à lutter activement contre la falsification de ses résultats.
Cette réunion s’est tenue dans un contexte de fortes tensions géopolitiques, quatre ans et demi après le début du conflit ukrainien et six mois après le début de la guerre en Iran.
Lors de la cérémonie, le comité organisateur a annoncé qu’outre la Déclaration de Bichkek, les États membres avaient signé 27 documents stratégiques supplémentaires.
Parmi ces mesures, les plus importantes étaient des réglementations établissant le Centre universel de lutte contre les défis et les menaces à la sécurité des États membres de l’OCS, et un plan d’action complet pour la période 2026-2030 visant à développer les ports et les centres logistiques dans tout le bloc.