L’USS Abraham Lincoln, symbole clé de l’agression navale américaine en Asie de l’Ouest, a entamé son retour humiliant vers les États-Unis après des mois de crise interne, de défaillances structurelles et de conditions de vie désespérées qui ont mis en lumière la fragilité de la campagne militaire prolongée menée par Washington contre l’Iran.
Selon un article du New York Times citant un responsable américain, le porte-avions à propulsion nucléaire, qui transportait près de 5 000 marins et Marines, a repris la mer jeudi, après l’arrivée de l’USS George Washington en mer d’Oman.
Le Commandement central américain (CENTCOM) a publié des photos du navire de relève opérant dans la région, dans le cadre d'une rotation de porte-avions.
Ce départ intervient après l’un des plus longs déploiements de l’histoire moderne de l’US Navy soit plus de neuf mois en mer, dont une période record de plus de 250 jours consécutifs sans escale significative. Le navire a soutenu la guerre d’agression illégale menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran fin février.
Plusieurs publications militaires américaines ont décrit en détail l’aggravation de la crise à bord du navire. Le Navy Times a rapporté que plusieurs marins avaient tenté de se suicider en sautant par-dessus bord, tandis que Stars and Stripes a révélé que les familles de l’équipage avaient directement interpellé le secrétaire par intérim de la Marine, Hung Cao, au sujet des informations faisant état d'une dégradation de la santé mentale des militaires.
Le représentant démocrate de Californie, Mike Levin, a publiquement décrit des conditions épouvantables notamment des douches moisies et cassées, des toilettes hors service, de longues périodes sans eau chaude, des pénuries de produits d'hygiène de base comme du savon et du dentifrice, et un rationnement alimentaire sévère qui ne laissait aux équipes que des repas maigres comme une demi-tasse de riz et deux tortillas.
Ces difficultés étaient dues en grande partie à la perturbation des centres d’approvisionnement américains traditionnels dans le golfe Persique. Les opérations défensives iraniennes du début de la guerre ont gravement endommagé des installations logistiques essentielles, notamment la base navale de Bahreïn, obligeant les forces américaines à dépendre de bases éloignées comme Diego Garcia, située à plus de 3 380 kilomètres.
Cette situation a mis à rude épreuve les chaînes d’approvisionnement, entraînant des pénuries de produits frais, de produits d’hygiène et même de courrier, comme l’a reconnu la marine américaine elle-même dans des déclarations faisant état d’un « environnement extrêmement contesté » créé par les opérations de combat.
Les responsables américains se sont empressés de minimiser la catastrophe. Le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, a qualifié les rapports de « totalement déformés », tandis que le président Donald Trump a affirmé que le déploiement était « bien trop court ».
Le CENTCOM a insisté sur le fait que l'équipage restait « résilient » et souligné les taux élevés de réengagement. Pourtant, le simple fait que le porte-avions soit retiré du service après que des familles et des parlementaires ont tiré la sonnette d'alarme souligne le coût humain et matériel de l'aventure ratée de Washington.
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Le porte-avions Abraham Lincoln avait été redéployé du Pacifique vers l’Asie de l’Ouest en janvier afin de renforcer les opérations offensives, effectuant des milliers de sorties et déployant des quantités massives de munitions dans le cadre du blocus et des frappes menées contre l’Iran.
Son retrait forcé, alors même qu’un autre porte-avions arrive, plonge l’armée américaine dans la confusion et la prive temporairement de porte-avions dans le Pacifique occidental, illustrant une fois de plus le déséquilibre stratégique imposé par l’endurance de l’Iran et de l’Axe de la Résistance.
Alors que l'USS Abraham Lincoln rentre péniblement au port, le message est clair : la défense inébranlable de l'Iran continue de faire payer un lourd tribut à ceux qui cherchent à dominer la région.