Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a réagi, jeudi 20 août, aux menaces de lancement d’une opération économique contre l’Iran brandies par le président américain Donald Trump, déclarant que « persister dans la poursuite de politiques vouées à l’échec ne fera qu’entraîner davantage de défaites et suscitera l’hostilité des Iraniens ».
Il a ajouté que la menace de « lancer une opération économique » contre l’Iran vise en réalité à détourner l’attention de l’opinion publique américaine des crises financières intérieures de ce pays, à savoir une dette sans précédent et une hausse vertigineuse des taux d’intérêt bancaires.
« Ce qu’on appelle le “Jour J économique” n’est qu’une diversion destinée à détourner l’attention de la véritable crise que traverse l’Amérique : une dette sans précédent et une flambée des coûts d'intérêt », a-t-il déclaré.
M. Araghchi a souligné dans une publication sur X que « le terrorisme économique américain menace l’économie mondiale et la souveraineté nationale des pays à travers le monde ».
Le président américain Donald Trump a annoncé mercredi sur son compte « Truth Social », le lancement de ce qu'il a qualifié d'« opération économique la plus dévastatrice » de l’histoire contre l'Iran.
« J’annonce l’opération économique la plus dévastatrice jamais menée contre un quelconque pays ! », a-t-il dit. « J’annonce également que tout pays qui autorisera ses institutions financières, ses entreprises, ses aéroports ou ses organismes gouvernementaux à fournir quelque type de soutien que ce soit à l’Iran sera confronté à de graves conséquences économiques. »
Cette menace survient alors que sa guerre contre l’Iran, lancée aux côtés du régime israélien le 28 février, n’a atteint aucun de ses objectifs.
Dans son message, M. Araghchi a partagé deux articles du New York Times et de CNN sur la dette nationale américaine, qui a dépassé les 40 000 milliards de dollars. Selon le New York Times, cette dette a franchi ce seuil, pour la première fois mercredi, un cap inquiétant pour une économie fragilisée par des décennies d’emprunts destinés notamment à financer les dépenses militaires, les programmes de protection sociale et les réductions d’impôts de Trump.
Rien que cette année, les États-Unis sont en voie d’emprunter plus de 2 000 milliards de dollars pour faire face à leurs obligations, notamment les dépenses liées à la guerre d'agression contre Iran et les réductions d’impôts adoptées par les républicains en 2025.
CNN, citant un rapport du département du Trésor, a également souligné l’aggravation de l’endettement américain. La dette fédérale a atteint un niveau record de 40 000 milliards de dollars mardi.
L’Iran a déclaré que les précédentes campagnes de pression américaines n’avaient pas réussi à modifier la politique de Téhéran et a averti que la répétition de la même approche produirait des résultats similaires.