Un article du quotidien israélien Haaretz révèle des appels au recrutement de colons et de militants d'extrême droite au sein de la police déployée sur l'esplanade de la mosquée Al-Aqsa.
Les autorités palestiniennes dénoncent une tentative de modifier le statu quo et le contrôle du site religieux. Le rôle du Waqf (œuvres pieuses) et le statut d’Al-Aqsa restent au cœur de fortes tensions politiques et religieuses à Qods-Est.
Selon Haaretz, les autorités israéliennes chercheraient à recruter des juifs ultra religieux et des colons issus d'extrême droite pour intégrer des unités de police déployées autour de la mosquée Al-Aqsa, située à Qods-Est.
Cette initiative, relayée par des responsables de la police, suscite de vives controverses en raison du profil des candidats recherchés et du rôle sensible de ce haut lieu religieux.
D’après ces informations, un commandant adjoint de l’unité chargée de la sécurité du site aurait diffusé des appels au recrutement en ligne, invitant des « officiers religieux » à rejoindre les forces déployées sur place. Ces messages, partagés sur les réseaux sociaux et dans des groupes de discussion liés aux colons en Cisjordanie, évoquent la volonté de « participer à la mise en œuvre de la souveraineté » dans la zone.
Un virage dangereux
Le rapport de Haaretz indique également que des figures religieuses proches de groupes extrémistes israéliens encourageaient leurs sympathisants à rejoindre ces unités.
Ces groupes, connus pour leurs positions extrémistes concernant le site, soutiennent des visites régulières dans l’enceinte d’Al-Aqsa et prônent, pour certains, une transformation profonde du lieu.
Certains militants saluent cette évolution comme un signe de reconnaissance politique accrue de leurs revendications.
Dans ce contexte, les autorités palestiniennes de Qods ont dénoncé une initiative jugée « dangereuse », estimant qu’elle s’inscrit dans une stratégie visant à modifier le statut historique et religieux du site. Elles accusent ces démarches de renforcer l’influence de groupes extrémistes au sein des structures de contrôle israéliennes.
Selon ces responsables, cette dynamique marquerait une nouvelle étape dans la coopération entre les institutions israéliennes et les groupes extrémistes », avec pour objectif supposé d’affaiblir le rôle du Waqf islamique de Qods, gestionnaire historique du site.
Le statut d’Al-Aqsa repose pourtant sur un ancien accord de statu quo qui encadre strictement l’accès au lieu et son administration. Le site est considéré comme sacré par les musulmans et les juifs, chaque communauté lui attribuant une signification religieuse majeure.
Depuis plusieurs années, les tensions autour des règles d’accès et des visites du site ne cessent de s’accentuer.
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Les Palestiniens dénoncent une érosion progressive de ce statu quo depuis l’occupation de Qods-Est en 1967, estimant que les restrictions d’accès et le renforcement de la présence policière modifient l’équilibre historique du lieu.
Depuis octobre 2023, ces tensions se sont intensifiées, alimentées par des appels politiques en Israël à renforcer le contrôle sur l’esplanade.