Un fléau qui n'épargne aucun milieu. En France, le ministère de l’Éducation nationale a recensé 255 signalements de violences sexistes et sexuelles impliquant des adultes au contact d’élèves depuis le début de l’année 2026.
Ces chiffres ont été dévoilés alors que les députés examinent un texte visant à renforcer la protection des enfants dans les établissements scolaires.
Dans le cadre des débats autour de la proposition de loi post-Bétharram, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray a annoncé 255 signalements de violences sexistes et sexuelles dans les écoles. « 88 % de signalements concernent des personnels du public (…) et 12 % concernent des personnels du privé », a précisé le ministre.
Face à chaque signalement, « la réponse est immédiate et sans concession » : transmission à la justice, suspension administrative et accompagnement des victimes.
Le ministère procède chaque année à la révocation de 35 à 45 agents publics pour des faits de cette nature, ainsi que de cinq à sept personnels relevant du privé sous contrat. Devant les députés le 1er juin le ministre a égrainé un ensemble de mesure : « Contrôler les comportements […] Recueillir et écouter systématiquement la parole des élèves […] Garantir des règles communes à tous les établissements. »
À Paris, le scandale du périscolaire a éclaté avec le procès d’un animateur de l’école maternelle Alphonse-Baudin, jugé pour agressions sexuelles sur de jeunes enfants. Des suspensions massives d’animateurs ont suivi, révélant des failles dans le recrutement et le contrôle.
Ces affaires ont pris une telle ampleur en France que 86 % des parents se disent inquiets pour leurs enfants. Le ministre a défendu une politique de fermeté, avec notamment la création envisagée d’une « liste noire » interdisant l’accès aux écoles aux personnes condamnées ou sanctionnées pour de tels faits. Les spécialistes de l’éducation à l’image d’Anne Coffinier-Barry, présidente de Créer son école met en garde : « Personne ne parle des conséquences graves à long terme sur les petits enfants. »
Le débat parlementaire vise à renforcer la prévention et les sanctions dans l’ensemble du milieu éducatif mais souffre toujours de non-dit comme la place des hommes dans les agressions, alors qu’à Paris toutes les personnes mises en cause sont des hommes recrutés par la mairie.