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Plus de 200 morts : la soi-disant lutte antidrogue américaine fait grimper le bilan humain en Amérique du Sud

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Sur ce cliché publié par l’US Navy mardi 19 août 2025, des hélicoptères de transport lourd CH 53 Super Stallion décollent de l’USS « Iwo Jima », l’un des navires américains dépêches vers les Caraïbes. |

Depuis l’automne 2025, les États-Unis mènent une série de frappes contre des navires qu’ils accusent d’être impliqués dans le trafic de drogue en Amérique du Sud. Conduite dans la plus grande discrétion, cette campagne se solde par de nombreuses victimes et trouble la vie des communautés côtières concernées.

Plus de 200 personnes ont trouvé la mort à la suite des attaques menées par les États-Unis contre des embarcations présentées comme liées aux cartels de la drogue en Amérique du Sud, rapporte le New York Times.

Selon le quotidien américain, les forces armées des États-Unis ont effectué plus de 60 frappes depuis le lancement de cette campagne à l’automne 2025. Les attaques visaient des vedettes rapides accusées d’être utilisées pour le transport de stupéfiants. Au moins 202 personnes auraient perdu la vie.

L’opération est restée largement entourée de secret. Peu de corps ont été retrouvés et les éléments matériels permettant de confirmer la nature des cargaisons transportées demeurent limités.

De nombreux spécialistes du droit estiment que ces frappes soulèvent de sérieuses questions juridiques. Selon eux, l’armée ne peut pas cibler délibérément des civils soupçonnés d’avoir commis des infractions tant qu’ils ne représentent pas une menace immédiate. Ces experts soulignent également qu’aucun élément ne démontre pour l’instant un impact concret de cette campagne sur les flux de cocaïne à destination des États-Unis.

Au-delà du bilan humain, les conséquences se font sentir dans les régions côtières de Colombie et d’Équateur, d’où serait partie une grande partie des embarcations visées. Dans ces localités tournées vers la mer, de nombreuses familles vivent désormais dans l’incertitude après la disparition de proches.

Les habitants évoquent également une profonde transformation de leur mode de vie. Les petites vedettes rapides utilisées par les trafiquants ressemblent souvent à celles employées par les pêcheurs, ce qui alimente la peur au sein des communautés maritimes. Dans certains secteurs, des habitants auraient même abandonné la pêche par crainte de devenir des victimes collatérales des opérations militaires.

Une habitante de San Mateo, ville côtière équatorienne d’environ 5 000 habitants, issue d’une famille de pêcheurs, a expliqué que les marins de la région devaient déjà affronter les intempéries et les actes de piraterie. Désormais, ils doivent également composer avec la menace des bombardements.

Le dernier épisode officiellement signalé par le Commandement Sud des forces armées américaines remonte au 30 mai. Cette frappe a causé la mort de trois personnes. L’opération « Southern Spear » a été annoncée en novembre dernier par le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV