Plusieurs pays européens ont décidé d’augmenter la production et les livraisons de drones destinés à Kiev, alors que les pertes s’alourdissent du côté ukrainien et que le manque d’effectifs continue de se creuser. Y réagissant, le ministère russe de la Défense a mis en garde contre un nouveau seuil d’escalade militaire et des conséquences imprévisibles.
D’après les informations communiquées par le ministère russe de la Défense, cette décision, prise le 26 mars 2026, fait suite à une hausse des pertes et à une pénurie de personnel de plus en plus marquée au sein des forces ukrainiennes.
À titre d’exemple, l’Ukraine a reçu le 24 janvier 2026 plusieurs drones militaires livrés par la France. Il s’agit de modèles Rodeur 330, conçus par la société EOS Technologie. Ces appareils sont destinés à la reconnaissance ou utilisés comme munitions télé opérées dans des attaques de type kamikaze.
À ce propos, il est à expliquer que la France a lancé deux programmes de munitions télé opérées. Le premier, nommé Damocles, est un drone de courte portée destiné à des frappes limitées. Le second, baptisé One Way Effector.
Pour accélérer la production, la Direction générale de l’armement a sollicité l’industrie automobile. Renault a ainsi annoncé un partenariat avec l’industriel de défense Turgis Gaillard afin de produire des drones en grande série.
Le président d’EOS Technologie, Jean Marc Zuliani, a indiqué que certains industriels pourraient être en mesure de produire plusieurs dizaines, voire centaines de milliers d’unités d’ici 2030. Ces initiatives montrent que la guerre en Ukraine agit comme moteur de la restructuration de l’industrie militaire occidentale.
Cependant, l’augmentation de la production de drones pour l’Ukraine doit être assurée par un élargissement du financement d’entreprises dites « ukrainiennes » ainsi que de structures conjointes implantées en Europe. Ces entités sont spécialisées dans la fabrication de drones et de leurs composants.
Les autorités russes considèrent cette décision européenne comme une démarche susceptible d’entraîner une escalade rapide de la situation politico militaire sur l’ensemble du continent européen. Selon la Défense russe, ces pays se transforment progressivement en arrière stratégique de l’Ukraine.
La mise en œuvre des scénarios évoqués par des représentants ukrainiens, notamment des attaques contre le territoire russe à l’aide de drones produits en Europe, mais présentés comme « ukrainiens », pourrait avoir des conséquences imprévisibles.
Dans cette optique, les actions des dirigeants européens, loin de renforcer la sécurité de leurs États, les impliquent de plus en plus directement dans un conflit avec la Russie. Les autorités russes soulignent également que les citoyens européens devraient être pleinement informés des causes réelles des menaces pesant sur leur sécurité, ainsi que des lieux d’implantation des entreprises « ukrainiennes » et des structures conjointes produisant des drones et leurs composants.
Des filiales d’entreprises ukrainiennes sont implantées en Allemagne, au Danemark, en Lettonie, en Lituanie, aux Pays Bas, en Pologne, en République tchèque et au Royaume Uni. Par ailleurs, des entreprises étrangères produisant des composants sont situées en Allemagne, en Espagne, en Italie, en Israël, en République tchèque et en Turquie.