TV
Infos   /   A La Une   /   Iran   /   Moyen-Orient   /   L’INFO EN CONTINU

Moscou soutient le « droit inaliénable » de l'Iran à l’enrichissement d’uranium à des fins pacifiques (Lavrov)

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a défendu le droit inaliénable de l'Iran à enrichir l'uranium à des fins pacifiques, affirmant que la Russie accepterait toute décision jugée acceptable par l'Iran.

À l'issue de ses entretiens mercredi à Pékin avec le président chinois Xi Jinping, Sergueï Lavrov s'est exprimé lors d'une conférence de presse, affirmant que Moscou était prêt à contribuer à la résolution des enjeux liés au programme nucléaire iranien.

Il a réaffirmé que chaque pays avait le droit d'enrichir l'uranium exclusivement à des fins pacifiques, un droit qui s'étend pleinement à la République islamique d’Iran, a-t-il précisé. 

« La Russie acceptera toute décision jugée acceptable par l'Iran » dans le cadre de ces « droits légitimes », a déclaré M. Lavrov, soulignant la disposition de Moscou à jouer un rôle dans toute éventuelle résolution concernant l'uranium enrichi.

Il a évoqué d'éventuelles contributions, portant notamment sur le retraitement de l'uranium hautement enrichi en combustible destiné aux centrales nucléaires, ou le transfert de quantités spécifiques vers la Russie à des fins de stockage, tout en réaffirmant le droit de l'Iran à l'énergie nucléaire civile. 

M. Lavrov a déclaré que la Russie accepterait toute décision prise par l'Iran concernant l'uranium enrichi. Il a précisé avoir abordé cette question avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, ainsi qu'avec des représentants américains et israéliens, ajoutant que le sujet avait été évoqué à plusieurs reprises lors de ses échanges avec le président Vladimir Poutine. 

Le chef de la diplomatie russe a souligné que l'Iran n'avait jamais cherché à militariser son programme nucléaire et que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) n'avait trouvé aucune preuve de détournement à des fins militaires.

Il a en outre rappelé le rôle actif de Moscou dans l'accord de 2015, dit Plan global d’action conjoint (PGAC), notamment en ce qui concerne la gestion de l'uranium enrichi. Il a par la même occasion critiqué les pays européens pour leur mutisme face au retrait unilatéral de Washington du PGAC, alors même qu’ils exigent de Téhéran de maintenir ses engagements.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de vives tensions régionales, marquées par le récent blocus américain des ports iraniens et les affirmations de Donald Trump selon lesquelles une résolution serait imminente.

Le différend fondamental relatif à l'enrichissement de l'uranium persiste : les États-Unis exigent un « enrichissement zéro », tandis que l'Iran réaffirme son droit à l'enrichissement à des fins civiles. 

M. Lavrov a également qualifié la situation en Asie de l'Ouest de « nœud de crise » complexe, qu'il juge impossible à dénouer par de simples moyens. Pour lui, le blocage par l’Iran du détroit d'Hormuz est la conséquence directe de l’agression américano-israélienne.

Il a par ailleurs indiqué que la Russie se tient prête à fournir des ressources énergétiques à la Chine ainsi qu’aux autres pays touchés par la crise, faisant écho à des discussions antérieures sur le sujet. 

M. Lavrov a critiqué la campagne agressive menée par certains pays visant à l'anéantissement de l'Iran, en référence aux déclarations hostiles de Donald Trump.

Soulignant l'approche diplomatique de Moscou, il a insisté sur la nécessité de poursuivre les négociations irano-américaines initiées au Pakistan. 

Le chef de la diplomatie russe a affirmé que Moscou et Pékin soutiennent tout objectif réaliste et légitime, et sont prêts à faciliter ces pourparlers dans divers cadres internationaux.

Le 28 février, les États-Unis et Israël ont déclenché une guerre d'envergure et non provoquée contre l'Iran. Ce même jour, le Leader de la Révolution islamique, l'Ayatollah Seyyed Ali Khamenei, ainsi que plusieurs hauts gradés militaires ont été tués en martyr.

En représailles, les forces armées iraniennes ont mené, durant plus de quarante jours, une série d'opérations de missiles et de drones ciblant les installations militaires américaines et israéliennes, leur infligeant des dégâts considérables.

Un cessez-le-feu de deux semaines a été conclu le 8 avril, suivi de pourparlers à Islamabad, où l'Iran a soumis un plan en dix points exigeant le retrait des troupes américaines et la levée des sanctions. 

Malgré vingt et une heures de discussions intensives, ces négociations n’ont pas abouti.

Téhéran a en effet invoqué un manque de confiance envers les engagements de Washington.

Donald Trump a par la suite annoncé un blocus naval du détroit d'Hormuz, destiné à intercepter les navires ayant payé des droits de passage à l'Iran. L'armée américaine a annoncé que le blocus débuterait le lundi 13 avril à 14h00 GMT. Une décision qui ne fera qu’aggraver la situation.


 

Partager Cet Article
SOURCE: FRENCH PRESS TV