Trente-sept familles représentées par l’association Intox’Alim ont saisi en urgence le Conseil d’État pour contester des instructions du ministère de la Santé encadrant les examens biologiques dans le cadre de la crise des laits infantiles contaminés à la toxine céréulide, a annoncé le quotidien français Le Parisien.
Les directives publiées les 23 et 31 janvier 2026 prévoient qu’« en l’absence de critères de gravité, il n’est pas indiqué de procéder à la recherche de la bactérie ni de la toxine par diagnostic biologique ». L’association estime que ces consignes empêchent d’établir la preuve d’une éventuelle intoxication et constituent une entrave au droit des familles à faire reconnaître les faits.
Selon le collectif, aucun des 37 nourrissons concernés n’a pu bénéficier d’analyses de selles pour détecter la toxine, certains ayant pourtant été hospitalisés. Vingt-quatre familles ont déjà engagé des procédures judiciaires parallèles.
Le ministère de la Santé indique que les familles peuvent demander des analyses dans le cadre d’une instruction judiciaire et précise que ces recommandations ont été élaborées après consultation de la Société française de pédiatrie. Les autorités soulignent qu’une généralisation des examens aurait impliqué « des milliers d’analyses », selon le Pr Patrick Tounian, qui a qualifié une telle perspective de « monstrueuse » au regard de l’ampleur des investigations.
La crise, apparue mi-décembre, a conduit plusieurs industriels, dont Nestlé, Danone et Lactalis, à rappeler des lots de lait infantile dans une soixantaine de pays en raison de la présence potentielle de céréulide.
En France, trois décès et plusieurs hospitalisations ont été signalés chez des bébés ayant consommé des produits concernés, sans qu’un lien de causalité ait été établi à ce stade.
Plusieurs enquêtes judiciaires sont ouvertes dans différentes villes, notamment pour mise en danger de la vie d’autrui.