À quelques jours de son départ du gouvernement pour briguer la mairie de Paris, l’audition de la ministre de la Culture, Rachida Dati, devant la commission d'enquête sur la sécurité des musées était très attendue mais elle a finalement eu lieu loin du regard du public.
Lors de cette audition, selon les éléments recueillis par l'AFP, la ministre française, autorité de tutelle, a acté l'abandon de la mission de réorganisation « en profondeur » du Louvre que Rachida Dati avait annoncée fin décembre face à la grave crise traversée par le musée depuis le cambriolage du 19 octobre.
Mme Dati avait alors indiqué avoir confié cette tâche à Philippe Jost, superviseur du chantier de restauration de Notre-Dame, et attendre de premières recommandations fin février. Cette mission n'a toutefois jamais débuté ses travaux.
« Ça a été abandonné parce que la réflexion sur la réorganisation du Louvre a avancé indépendamment de cette mission », a affirmé M. Portier à l'AFP, selon qui la gouvernance du musée fait l'objet d'une « réorganisation en cours ». Interrogé sur ses modalités, le député a renvoyé à d'éventuelles annonces gouvernementales.
« Il n'y a plus de Philippe Jost », a confirmé le rapporteur de la commission, Alexis Corbière (ex-LFI), ajoutant que la ministre a justifié cet abandon par le mouvement social mené depuis mi-décembre par le personnel du Louvre pour de meilleures conditions de travail. « On ne voit pas trop le lien entre les deux », a-t-il estimé.
Selon les deux députés, Rachida Dati a assuré que « 17 mesures » étaient en cours pour réformer le Louvre, musée le plus visité au monde qui accumule les revers depuis le cambriolage de joyaux de la Couronne, entre fermeture d'une galerie pour insalubrité et enquête sur un réseau de fraude à la billetterie. Le détail de ces mesures n'a pu être précisé dans l'immédiat et l'entourage de Mme Dati.
La ministre a, de manière générale, convenu de la nécessité d'un « renforcement des moyens de contrôle de la tutelle » sur le musée, a indiqué M. Portier, qui avait estimé la semaine dernière que le Louvre était devenu un « État dans l'État ».
Après le huis clos décrété pour la ministre, certains membres de la commission avaient dénoncé une mesure « incompréhensible » quand d'autres soutenaient un moyen d'« aller au fond des sujets ».
Il s'agissait de la première mesure de ce type depuis le début des travaux de cette commission, constituée dans la foulée du cambriolage et qui a procédé à plus de 70 auditions. Ses conclusions sont attendues en mai.