Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que les États-Unis devaient saisir l’opportunité de parvenir à un accord équitable avec Téhéran, avertissant que toute agression militaire serait un « désastre » pour toute de la région.
« Malheureusement, nous avons perdu confiance dans les États-Unis en tant que partenaires de négociation », a-t-il ajouté, soulignant que des pourparlers « fructueux » entre Téhéran et Washington progressaient grâce à la médiation des pays amis de la région.
La partie américaine a affiché son optimisme ce week-end. S’adressant aux journalistes à bord d’Air Force One samedi, le président américain Donald Trump a déclaré que l’Iran « nous parlait, nous parlait sérieusement ».
Dans son interview, M. Araghchi s’est abstenu de promettre des pourparlers directs avec les négociateurs américains, insistant sur le fait que le « contenu des négociations » primait sur la forme.
Ses propos interviennent alors que le Leader de la Révolution islamique, l’Ayatollah Seyyed Ali Khamenei, a averti dimanche que toute guerre déclenchée par les États-Unis contre l’Iran se transformerait en conflit régional.
Interrogé sur l’important arsenal de missiles de l’Iran, qui aurait été reconstitué après la guerre israélo-américaine de juin, et sur les alliés régionaux du pays, Araghchi a insisté sur le fait que les discussions devaient se concentrer exclusivement sur le programme nucléaire iranien.
Araghchi a déclaré : « Ne parlons pas d’impossible et ne laissons pas passer l’occasion de parvenir à un accord juste et équitable garantissant l’absence d’armes nucléaires. Comme je l’ai dit, c’est réalisable, même à court terme. »
Il a clairement indiqué que les États-Unis devaient d’abord lever les sanctions qui pèsent sur l’économie iranienne depuis plus d’une décennie et garantir le droit de l’Iran à poursuivre son enrichissement d’uranium à des fins pacifiques.
Le ministre a averti qu'en cas de l’échec des négociations et du déclenchement d'une guerre contre l'Iran, tout conflit avec le pays dégénérerait en une guerre de plus grande ampleur.
La guerre « serait un désastre pour tous », a déclaré Araghchi. Il a expliqué que les forces armées iraniennes cibleraient les bases américaines dans toute la région, ayant testé et perfectionné leurs capacités de missiles pendant et depuis la guerre des Douze Jours contre Israël en juin 2025.
Évoquant les émeutes orchestrées par l’étranger survenus en Iran début janvier, Araghchi a déclaré que des « éléments terroristes » ayant reçu des ordres de l’étranger avaient attisé la dissidence et provoqué des violences.
Au sujet de la violence des émeutes, il a déclaré : « Nous considérons ces trois jours (du 8 au 10 janvier) comme la continuation des douze jours de guerre de juin, car c’était une opération menée par le Mossad depuis l’extérieur, que nous avons bien sûr neutralisée. »
« Il n’était pas prévu d’exécuter ou de pendre » les émeutiers, a déclaré le haut diplomate iranien, réfutant les allégations de Trump selon lesquelles il aurait reçu des assurances de l’Iran quant à l’arrêt des exécutions planifiées.
« Je peux affirmer que les droits de chaque personne arrêtée et détenue seront respectés et garantis », a-t-il souligné.
Les 8 et 9 janvier, des émeutiers armés et des terroristes, soutenus par l’étranger, ont détourné des manifestations pacifiques liées à des revendications économiques, les transformant en scènes de meurtres et de destructions de biens publics et privés.
Les autorités iraniennes ont déclaré que les services de renseignements américains et israéliens étaient directement impliqués, fournissant financement, entraînement et soutien médiatique aux émeutiers et aux terroristes armés opérant dans les rues.