TV

Israël va mettre fin aux activités de Médecins sans frontières à Gaza

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Israël met fin aux opérations de MSF à Gaza et exige son départ d’ici la fin février. ©IRNA

Le régime israélien a annoncé dimanche 1er février qu’il mettait fin aux opérations humanitaires de Médecins Sans Frontières (MSF) à Gaza, sous prétexte que cette organisation caritative médicale internationale n’avait pas fourni de liste de son personnel palestinien.

En décembre, Israël a annoncé qu’il empêcherait 37 organisations humanitaires, dont MSF, de travailler à Gaza à partir du 1er mars, faute d’avoir fourni des informations détaillées sur leurs employés palestiniens, ce qui a suscité une vive condamnation de la part des ONG et de l’ONU.

En effet, le ministère des Affaires de la Diaspora du régime israélien a récemment annoncé qu’il allait mettre fin aux activités de Médecins Sans Frontières (MSF) dans la bande de Gaza, avant de prétendre que cette décision fait suite au « manquement de MSF à son obligation de fournir la liste de son personnel local, une exigence qui s’applique à toutes les organisations humanitaires opérant dans la région ».

Le ministère avait précédemment prétendu que deux employés de MSF avaient des liens avec les groupes de résistance palestiniens Hamas et Jihad islamique, ce que l’organisation caritative a catégoriquement nié.

Dimanche, le ministère a déclaré que MSF s’était engagée début janvier à communiquer la liste de son personnel, comme l’exigeaient les autorités israéliennes, mais qu’elle s’y était finalement rétractée. « Par la suite, MSF a annoncé qu’elle n’entendait pas poursuivre la procédure d’enregistrement, contredisant ainsi ses déclarations précédentes et le protocole contraignant », a ajouté le ministère, précisant que « MSF cessera ses opérations et quittera la bande de Gaza d’ici le 28 février ».

Aucune garantie

Dans un communiqué publié vendredi, MSF a reconnu avoir, à titre exceptionnel, accepté de communiquer aux autorités israéliennes une liste des noms de son personnel palestinien et international. « Toutefois, malgré nos efforts répétés, il est apparu clairement que nous n’avons pas réussi à obtenir des autorités israéliennes les garanties concrètes requises », a-t-elle déclaré. « Il s’agissait notamment de garantir que les informations concernant notre personnel seraient utilisées uniquement à des fins administratives et ne mettraient pas nos collègues en danger. »

En l’absence de ces garanties, MSF « a conclu qu’elle ne communiquerait aucune information sur son personnel dans les circonstances actuelles ». L’organisation indique que 15 de ses employés ont été tués au cours du conflit.

Le ministre israélien des Affaires de la diaspora, Amichai Chikli, a pour sa part déclaré que l’organisation avait « brusquement changé de position ». « Il semble que les employés de l’organisation ne répondent pas aux critères établis », a-t-il prétendu.

Soins à risque

MSF est depuis longtemps un acteur majeur de l’aide médicale et humanitaire à Gaza, notamment depuis le début en octobre 2023 de la guerre génocidaire israélienne contre l’enclave palestinienne. L’organisation humanitaire indique qu’elle fournit actuellement au moins 20 % des lits d’hôpitaux du territoire et gère une vingtaine de centres de santé. Rien qu’en 2025, elle a réalisé plus de 800 000 consultations médicales et plus de 10 000 accouchements, et fournit également de l’eau potable.

Les organisations humanitaires avertissent que sans le soutien international d’organisations telles que MSF, des services essentiels comme les soins d’urgence, la santé maternelle et les soins pédiatriques pourraient s’effondrer complètement à Gaza, laissant des centaines de milliers d’habitants sans soins médicaux de base.

Comme elles l’ont fait avec MSF, les autorités israéliennes ont accusé à plusieurs reprises l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens, l’UNRWA, de couvrir les combattants militants du Hamas. Les agences onusiennes dénoncent pour leur part une attitude qui contredit les allégations d’Israël concernant la facilitation des activités humanitaires.

Le mois dernier, les autorités israéliennes ont entamé la démolition de bâtiments du siège de l’UNRWA à Qods-Est, ce que l’organisation a qualifié d’« attaque sans précédent ».

 

Partager Cet Article
SOURCE: FRENCH PRESS TV