Par la voix de sa porte-parole des Affaires étrangères, Maria Zakharova, la Russie a fermement condamné ce samedi 31 janvier les mesures unilatérales prises par les États-Unis contre Cuba et les pressions exercées par Washington sur les dirigeants et le peuple cubains.
« La position de la Russie sur ce point reste inchangée : les sanctions unilatérales imposées à des États souverains et indépendants en contournant l’ONU, les dispositions de sa Charte et les autres normes du droit international sont absolument inacceptables », a souligné Mme Zakharova, tout en affirmant qu’en dépit des obstacles extérieurs à son développement, Cuba continuera d’entretenir des relations économiques extérieures efficaces.
La porte-parole de la diplomatie russe a qualifié de « radicale » la stratégie de pression maximale exercée à maintes reprises par Washington sur La Havane, dans le but de l’étouffer économiquement.
« Ce nouveau document anti-cubain considère la Russie, ainsi que d’autres partenaires étrangers équitables de La Havane, comme un État hostile et malveillant », a-t-elle poursuivi, avant de faire référence aux liens historiques entre la Russie et Cuba.
Ces remarques ont été formulées après que le président américain Donald Trump a signé jeudi 29 janvier un décret indiquant que les États-Unis pourraient frapper de droits de douane d’un montant non précisé les pays vendant du pétrole à Cuba.
« Un droit de douane supplémentaire “ad valorem” [ndlr: dépendant de la valeur estimée] pourrait être imposé sur les importations de biens produits par un pays qui vend directement ou indirectement ou qui fournit du pétrole à Cuba », selon le texte de ce décret, publié par la Maison-Blanche.
Cette décision s’appuie sur la déclaration d’un « état d’urgence » en lien avec la « menace exceptionnelle » que fait peser Cuba sur la sécurité nationale américaine, toujours selon le texte de ce décret. Dans le détail, Washington reproche aux autorités cubaines de s’aligner et de soutenir nombre de pays et acteurs hostiles aux États-Unis, dont la Russie, la Chine, l’Iran, le Hamas ou le Hezbollah.
Y réagissant, le président cubain, Miguel Diaz-Canal, a publié un message sur X, dans lequel il a écrit que Donald Trump tente d’asphyxier l’économie de Cuba, sous un prétexte mensonger et dénué d’arguments.
« Cette nouvelle mesure met en évidence la nature fasciste, criminelle et génocidaire d’une cour qui a confisqué les intérêts du peule américain à des fins purement personnelles », a-t-il ajouté, dans une claire allusion au secrétaire d’État, Marco Rubio, qui ne cache pas sa volonté de voir un changement de régime à Cuba.
Pour sa part, le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a aussi condamné la signature par Donald Trump du décret, la qualifiant d’« acte brutal d’agression ». « Nous dénonçons devant le monde cet acte brutal d’agression contre Cuba et son peuple, soumis depuis plus de 65 ans au blocus économique le plus long et le plus cruel jamais appliqué à une nation entière, et que l’on promet désormais de soumettre à des conditions de vie extrêmes », a-t-il écrit sur X.