Lors d’un entretien téléphonique, jeudi soir, avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, le président iranien Massoud Pezeshkian a fait allusion au rôle « direct » des États-Unis et d'Israël dans les récentes émeutes en Iran, soulignant que les ennemis tentaient de répandre le terrorisme et l’insécurité dans la région en orchestrant des crises internes dans les pays musulmans.
« Le plan des ennemis de l’Oumma musulmane est d’étendre et de prolonger la guerre, le terrorisme et l’insécurité dans la région en créant des crises internes dans les pays musulmans », a-t-il dénoncé.
Selon le président iranien, ces ennemis « ne veulent pas que les nations musulmanes vivent en paix, en sécurité et en stabilité ».
M. Pezeshkian a remercié le gouvernement et le peuple turcs pour leur soutien « ferme, fraternel et de principe » à la République islamique d'Iran.
Il a déclaré que les récentes émeutes en Iran avaient des dimensions extérieures évidentes et a pointé du doigt le rôle direct des États-Unis et du régime israélien.
M. Pezeshkian a expliqué que les manifestations de certains commerçants, déclenchées par des problèmes économiques dus à des « pressions et sanctions arbitraires », « avaient initialement été pacifiques et étaient gérées en vue d'une résolution ».
« Cependant, des groupes terroristes entraînés, par des actions sans précédent telles que l’incendie de mosquées et de centres publics et gouvernementaux, la destruction de matériel de secours, et le meurtre de civils ainsi que de membres des forces de sécurité, ont cherché à faire avancer leurs objectifs néfastes, avec le soutien direct des États-Unis et du régime sioniste. »
« La présence des millions d’Iraniens sur le terrain a finalement neutralisé ces complots », s’est-il félicité, faisant référence aux rassemblements nationaux du 12 janvier.
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Il s'est dit convaincu que l'unité, la cohésion et la convergence entre les pays musulmans, ainsi que des efforts concertés pour lutter contre le terrorisme, permettraient de réinstaurer un calme et une stabilité durables dans la région.
Dans une autre partie de ses propos, M. Pezeshkian a salué l'« excellence des relations entre l'Iran et la Turquie ». « Les relations entre les deux pays sont au beau fixe et nous sommes déterminés à les renforcer et à les développer davantage », a-t-il assuré.
Il a ajouté que Téhéran attendait avec impatience la visite de M. Erdogan pour la neuvième réunion du Conseil de coopération de haut niveau entre les deux pays.
Le président turc a, pour sa part, présenté ses condoléances à son homologue iranien à la suite de la mort d'un grand nombre de civils et de membres des forces de sécurité iraniens lors des récentes manifestations.
M. Erdogan a déclaré que la paix, la stabilité et la sécurité en Iran revêtaient une « importance primordiale » pour la Turquie, et a souligné qu'Ankara avait toujours exprimé cette position dans tous les contextes et forums.
Il a salué l’approche « structurée, responsable et fondée sur des principes » adoptée par l’Iran pour gérer les manifestations et parvenir à leur désescalade. Il a précisé que l’Iran avait pris de « très bonnes mesures » dans le domaine économique.
« Nous avons toujours rejeté les scénarios interventionnistes contre la République islamique d’Iran, et aujourd’hui encore, nous les condamnons et les rejetons explicitement », a-t-il réitéré.
Selon un rapport officiel publié par le Conseil de sécurité nationale du pays, des cellules terroristes organisées et soutenues par l'étranger ont détourné des manifestations pacifiques et lancé des attaques armées coordonnées visant à faire de nombreuses victimes et à déstabiliser les villes.
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Le rapport indique que les violences ont atteint leur paroxysme les 8 et 9 janvier, lorsque les assaillants ont commis des « crimes de type Daech », notamment des décapitations, des coups de couteau et des personnes brûlées vives, ainsi que des attaques systématiques contre des marchés, des magasins, des banques, des mosquées, des hôpitaux, des ambulances et d'autres infrastructures publiques.
Le Conseil de sécurité iranien a déclaré que les renseignements recueillis montraient que la campagne visait à déstabiliser la cohésion sociale de l'Iran après l’échec de la pression militaire, faisant référence à l’agression américano-israélienne de juin 2025 contre l'Iran.