Le Conseil suprême de sécurité nationale (CSSN) iranien affirme que les récentes émeutes ont été planifiées et orchestrées par Israël et les États-Unis dans le cadre d'une campagne visant à plonger le pays dans l'insécurité.
Dans un communiqué publié ce vendredi 9 janvier, le Conseil suprême de sécurité nationale a annoncé que même après la guerre des Douze jours en juin, Israël a continué d'« opprimer les Iraniens » par le biais d'une « guerre hybride », changeant de tactique sans pour autant renoncer à son hostilité envers la nation iranienne.
Le Conseil a indiqué que les derniers incidents, initialement déclenchés par des manifestations contre l'instabilité des marchés, ont été été « instrumentalisés et réorientés par Israël pour attiser l'insécurité » dans le pays.
Il a ajouté que les récentes déclarations du président américain Donald Trump laissent entrevoir « une action concertée de ces deux régimes pour déstabiliser la population iranienne ».
Les autorités iraniennes ont maintes fois insisté sur la distinction entre manifestation pacifique et violence.
« Il est clair que ceux qui protestaient initialement contre la situation économique, évitent d'aggraver la situation en provoquant de nouveaux dommages économiques, et n'agissent pas de manière à ce que l'insécurité s'ajoute aux problèmes économiques qui existent », ajoute le Conseil.
Faisant référence à des scènes où les émeutiers mettent le feu au drapeau iranien, ou attaquent les statues du général Qassem Soleimani, ancien commandant de la Force Qods du Corps des gardiens de la Révolution islamique, le communiqué affirme : « Aucun Iranien digne de ce nom ne permettrait que l'on offense des symboles nationaux comme le drapeau; encore moins qu'on y mette le feu. »
Le Conseil suprême de sécurité nationale a déclaré que la nation iranienne avait déjà démontré sa force pendant la guerre des Douze jours, lorsque « la solidarité nationale a infligé une défaite stratégique aux ennemis », ajoutant que cette même unité rendrait désormais « inefficaces leurs tactiques de sabotage ».
Le Conseil a déclaré que la présence des forces de sécurité et des forces de l'ordre visait à prévenir le chaos et à garantir la sécurité publique, soulignant que ces forces se tenaient « aux côtés de la nation fière et résiliente » pour neutraliser le complot de déstabilisation ourdi par Israël et de son « parrain, les États-Unis ».
Il a averti que les forces de sécurité et le pouvoir judiciaire « ne réserveront aucune indulgence envers les saboteurs ».
Ces remarques font écho aux déclarations du Leader de la Révolution islamique, l'Ayatollah Seyyed Ali Khamenei, qui a affirmé que la République islamique « ne reculerait pas face aux saboteurs » et ne tolérerait pas ceux qui agissent comme des mercenaires affiliés aux étrangers.
Vendredi, le Leader a également appelé à l'unité, déclarant qu'« une nation unie triomphe de tout ennemi », avant de rejeter les allégations américaines selon lesquelles les États-Unis soutiendraient le peuple iranien.
Les troubles se poursuivent depuis plusieurs jours, les autorités affirmant que les émeutiers exploitent l'inquiétude de la population concernant cherté de la vie et la dépréciation du rial, pour inciter à la violence.
Les autorités iraniennes ont reconnu la légitimité des revendications économiques pacifiques et se sont engagées à y remédier, tout en imputant une grande partie des difficultés économiques aux sanctions unilatérales américaines visant la banque centrale iranienne et les exportations de pétrole.
Les forces de sécurité et judiciaires affirment avoir démantelé plusieurs cellules terroristes armées et arrêté des agents liés à l'étranger dans le contexte des émeutes, qui ont coûté la vie à plusieurs agents des forces de l'ordre.
Des responsables iraniens affirment que les actes de violence ont été ouvertement encouragés par des personnalités américaines et israéliennes, notamment par les avertissements répétés de Trump selon lesquels Washington pourrait attaquer l'Iran si des « manifestants pacifiques » étaient pris pour cible, et par les déclarations de l'ancien secrétaire d'État américain Mike Pompeo faisant allusion à l'implication du Mossad et à des complots séparatistes.