Le Leader de la Révolution islamique, l'Ayatollah Seyyed Ali Khamenei, a affirmé que « l’Iran résistera fermement au vandalisme et aux troubles orchestrés par l'étranger ; le pays ne cédera pas à ceux qui agissent pour s'attirer les faveurs du président américain ».
L'Ayatollah Khamenei s’est exprimé ce vendredi après plusieurs jours d'émeutes soutenues par l'étranger qui ont secoué certaines villes iraniennes.
Évoquant les dégâts causés aux biens publics la nuit précédente par une « bande de saboteurs », il a indiqué qu'ils avaient agi ainsi « pour faire plaisir au président américain ».
Les saboteurs ont été encouragés par des propos « sans fondement » de Washington promettant son soutien si l'Iran agissait d'une certaine manière, a-t-il noté.
À l’attention directe du président américain Donald Trump, l'Ayatollah Khamenei a rejeté les allégations de soutien américaines au peuple iranien. « S’il en est capable, il devrait diriger son propre pays », a-t-il lancé faisant allusion aux troubles et aux crises qui secouent les États-Unis.
Il a également pointé du doigt la responsabilité directe de Trump dans la mort de centaines d’Iraniens lors de la guerre israélo-américaine de douze jours contre l’Iran en juin 2025.
« Il a lui-même déclaré : “J’en ai donné l’ordre” », a souligné le Leader ajoutant que cet aveu équivalait à reconnaître que le président américain avait « les mains tachées du sang d'Iraniens ».
Il a affirmé que cela rendait « dénuées de sens » les allégations de Washington concernant son appui à la nation iranienne.
Il a par ailleurs critiqué la naïveté de ceux qui suivent les directives étrangères. « Certains, inexpérimentés et irréfléchis, le croient et agissent selon ses désirs », a-t-il affirmé citant des actes tels que l’incendie de poubelles « pour lui plaire ».
« Au sujet des lignes rouges de l'État, la République islamique, fondée, a-t-il rappelé, grâce au sacrifice de centaines de milliers de personnes honorables, ne tolérerait ni la destruction ni l'asservissement à l'étranger. »
« La République islamique ne reculera pas face aux saboteurs. Elle ne tolérera pas les mercenaires affiliés aux étrangers. Quiconque travaille pour des puissances étrangères est rejeté par la nation et par l'ordre islamique. »
L'Ayatollah Khamenei a comparé le président américain à des tyrans du passé : « Des figures telles que Pharaon, Nemrod et les anciens dictateurs iraniens ont été renversées au faîte de leur arrogance. Celui-là sera renversé lui aussi », a-t-il déclaré.
Téhéran a reconnu la légitimité des manifestations pacifiques liées aux griefs économiques mais bien signifié que la violence et le sabotage ne seront pas tolérés.
Les autorités iraniennes estiment que les émeutiers ont exploité l'inquiétude de la population face à la hausse du coût de la vie et à la dépréciation du rial, problèmes imputés aux sanctions unilatérales américaines qui visent la banque centrale iranienne et les exportations de pétrole.
Les responsables de la sécurité et de la justice ont annoncé le démantèlement de plusieurs cellules terroristes armées et l'arrestation d'agents liés à l'étranger. Les émeutes ont coûté la vie à plusieurs forces de l'ordre.
Les actes de violence ont été ouvertement encouragés par des personnalités américaines et israéliennes, notamment par les avertissements de Trump selon lesquels Washington pourrait attaquer l'Iran si des « manifestants pacifiques » étaient pris pour cible, ainsi que par les déclarations de l'ancien secrétaire d'État américain Mike Pompeo laissant entendre l'implication des services de renseignement israéliens et des complots séparatistes.
L'Ayatollah Khamenei a conclu son discours en appelant à l'unité, en particulier auprès des jeunes :
« Préservez votre foi, votre conscience politique, votre présence et votre vigilance. Une nation unie triomphe de tout ennemi. »
Vendredi, de larges foules d'Iraniens sont descendues dans la rue à travers le pays pour dénoncer les émeutes, exprimer leur soutien à la République islamique, répondant ainsi à l'appel du Leader à l'unité face aux pressions étrangères.