Les États-Unis « se détournent progressivement » de certains alliés et « s’affranchissent des règles internationales », a déploré ce jeudi 8 janvier le président français, Emmanuel Macron dans son discours annuel devant les ambassadeurs français.
« Les instances du multilatéralisme fonctionnent de moins en moins bien. Nous évoluons dans un monde de grandes puissances avec une vraie tentation de se partager le monde », a dit le président français.
Ses remarques font suite à une série de mesures de plus en plus conflictuelles prises par l’administration du président américain Donald Trump, qui ont suscité des inquiétudes parmi les alliés traditionnels de Washington.
Cela revient au sujet de provocation américaine sur le Groenland : Trump a à plusieurs reprises menacé de prendre le contrôle du Groenland, la plus grande île du monde et territoire danois, en invoquant sa valeur stratégique pour la sécurité nationale des États-Unis.
À ce sujet, Marco Rubio, secrétaire d’État américain a annoncé mercredi qu’il comptait rencontrer des responsables danois la semaine prochaine pour discuter des plans de Washington, tandis que la Maison-Blanche n’a pas exclu la possibilité de recourir à la force militaire.
Plus tôt cette semaine, les dirigeants de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Pologne, de l’Espagne et du Royaume-Uni se sont joints à la Première ministre danoise Mette Frederiksen dans une déclaration affirmant que le Groenland « appartient à son peuple ». Néanmoins, Macron a déclaré ne pas croire que les États-Unis violeraient la souveraineté du Danemark.
Selon une déclaration de mercredi de la porte-parole de la Maison-Blanche, Trump a dit en effet étudier « activement » un achat du Groenland, tout en refusant une nouvelle fois d’exclure l’option militaire pour acquérir ce territoire semi-autonome du Danemark.
Par ailleurs, Trump s’est de nouveau moqué de Macron, affirmant qu’il avait contraint la France à tripler le prix de ses médicaments sur ordonnance en menaçant d’imposer un droit de douane de 25 % sur toutes les importations françaises.
Trump explique ensuite qu’Emmanuel Macron s’est rapidement plié à ses demandes. « Emmanuel m’a dit : Marché conclu Donald, j’adorerai augmenter le prix de mes médicaments sur ordonnance de 200 % ! Cela serait un honneur Donald, tout ce que tu veux ! Ne le dis pas à la population, Donald, je t’en supplie... », poursuit Trump.
Ni Macron ni le gouvernement français n’ont réagi aux propos de Trump.